SANCTUAIRE MARIAL DE MEDJUGORIE


LA MISERICORDE DIVINE

Le vendredi 23 novembre 2007, 10:16

Découvrir l'Amour Misericordieux de Jésus avec soeur Faustine

 
Apôtre de la Miséricorde Divine, soeur Faustine compte aujourd'hui parmi les Saints les plus célèbres de l'Eglise. Par son intermédiaire, Le Seigneur Jésus transmet au monde entier son grand message de la Miséricorde Divine et montre un modèle de perfection chrétienne fondée sur la confiance en Dieu et sur une attitude miséricordieuse envers le prochain.

Soeur Marie Faustine Kowalska 1905-1938 est la troisième des dix enfants de Marianna et Stanislaw Kowalski, agriculteurs dans le village de Glogowiec ; elle a reçu le prénom d'Hélène, au baptême. Depuis son enfance, elle se distingua par l'amour de la prière, l'assiduité, l'obéissance et par une grande sensibilité à la misère des hommes.

A neuf ans, elle a fait sa Première Communion qu'elle a profondément vécue,
Puis, elle a fréquenté l'école pendant moins de trois ans. Adolescente, elle a quitté la maison familiale pour gagner sa vie et pour aider ses parents comme servante dans des familles aisées à Aleksandrów,

Elle a senti la vocation dans son âme dès l'âge de sept ans, mais ses parents n'étant pas d'accord pour qu'elle entre dans les ordres, elle a essayé d'étouffer cette voix intérieure.Cependant, exhortée par la vision du Christ souffrant, elle est partie pour Varsovie où, le 1er août 1925,
l'accueille la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de la Miséricorde.

Devenue Sœur Marie Faustine, elle a passé au couvent treize ans, en remplissant les fonctions de cuisinière, de jardinière et de Sœur portière dans plusieurs maisons de la Congrégation, le plus souvent à Plock, Wilno et Cracovie.

Rien ne trahissait à l'extérieur sa vie mystique d'une extrême richesse.C'est avec discrétion qu'elle remplissait toutes ses tâches, observant fidèlement les règles, recueillie et silencieuse, naturelle et pleine d'un amour bienveillant et désintéressé.
Sa vie, très ordinaire, monotone et grise en apparence, cachait la profondeur extraordinaire de l'union à Dieu.

Sa spiritualité reposait sur la Miséricorde Divine, enracinée dans une attitude de confiance d'enfant face à Dieu et de miséricorde envers les autres. Sœur Marie Faustine a été élue par le Seigneur Jésus secrétaire et apôtre de Sa Miséricorde pour transmettre au monde entier son grand message.

La mission de Sœur Marie Faustine consistait en trois tâches : Rendre proche et annoncer au monde entier la vérité révélée dans les Ecritures sur l'amour miséricordieux de Dieu envers tout homme, Implorer la Miséricorde Divine pour le monde entier, en particulier pour les pécheurs.

Inspirer le mouvement apostolique de la Miséricorde chargé de propager et d'obtenir par la prière la Miséricorde Divine pour le monde.

Le message de Sœur Faustine a été noté dans son Petit Journal qu'elle a rédigé par la volonté du Seigneur Jésus et de ses confesseurs.

Elle y a fidèlement noté tous les souhaits de Jésus, de même qu'elle a décrit l'union intime de son âme avec Dieu. Cet ouvrage nous rend proche d'une manière extraordinaire
le mystère de la Miséricorde Divine.

Le Petit Journal a été traduit en plusieurs langues, entre autres en anglais, allemand, italien, espagnol, français, portugais, russe, hongrois, tchèque et slovaque.

Ravagée par la maladie et par de nombreuses souffrances Sœur Marie Faustine est morte à Cracovie le 5 octobre 1938, âgée à peine de 33 ans.

La gloire de la sainteté de sa vie a crû rapidement avec la propagation de la dévotion pour la Miséricorde Divine et par les grâces obtenues par son intercession. Le procès de béatification sur sa vie et ses vertus s'est déroulé de 1965 à 1967, à Cracovie et en 1968, à Rome,

Le 18 avril 1993, sur la Place Saint-Pierre de Rome, le Saint Père Jean Paul II a procédé à l'acte de sa béatification. Ses reliques reposent au sanctuaire de la Miséricorde Divine de Cracovie.

Nous remercions Hélène Dumont
de son aimable collaboration.

Pour en savoir plus :

http://divinemisericorde.blogspot.com

Michel RIVAUX

SANCTUAIRE MARIAL DE MEDJUGORGE



Au coeur de l'Herzégovine, en ex-Yougoslavie, un village croate de mille âmes, niché au pied de deux collines, Krizevac et Podbrdo, d'où le nom Medjugorje qui signifie « entre les monts ». Une population exclusivement paysanne qui réussit, tant bien que mal, à survivre par le dur labeur du tabac et de la vigne. Une situation politique opprimante, car la milice communiste est omniprésente. Une paroisse franciscaine animée par un curé de feu, le Père Jozo Zovko.

Le 24 juin 1981, en la fête de Saint Jean-Baptiste, le Précurseur, l'évènement survient, qui devrait bouleverser la vie du village : quelques adolescents voient une silhouette féminine lumineuse sur le petit chemin qui longe Podbrdo. La Dame tient un enfant dans ses bras. Le 25 juin, elle revient et décline son identité : « Je suis la Bienheureuse Vierge Marie. » Le groupe des six voyants se forme définitivement avec Marija Pavlovic, Vicka Ivankovic, Mirjana Dragicevic, Ivanka Ivankovic, Ivan Dragicevic et Jakov Colo.

La Gospa (nom croate de Notre-Dame) reviendra chaque jour, donnant aux enfants des messages pour eux-mêmes, pour la paroisse et pour le monde : messages de paix, de conversion, d'amour, pour ramener au Coeur de Dieu l'humanité qui marche loin de lui, dans les ténèbres. Depuis 1987, ces messages sont mensuels. La Gospa donne aussi à chaque voyant des secrets, qui se révéleront à l'heure fixée par elle, par l'intermédaire d'un prêtre choisi par le voyant.

Très vite, le Père Jozo croit aux venues de la Vierge car il la voit lui-même un jour dans l'église. Mais, après y avoir adhéré lui aussi, l'évêque de Mostar, Monseigneur Zanic, déclare qu'il s'agit d'un montage des franciscains. Une déchirure s'amorce et dure encore. En 1986, Monseigneur Zanic remet au Cardinal Ratzinger un rapport négatif sur les apparitions, mais celui-ci le dessaisit du dossier et confie l'enquête à une nouvelle Commission, formée d'évêques yougoslaves, sous la présidence de Monseigneur Komarica (Banja Luka). Cette Commission est ouverte, ses travaux ne sont pas encore achevés. En avril 1991, elle accepte officiellement Medjugorje comme lieu de prière et autorise le culte : les pèlerinages privés sont autorisés. Le 21 août 1996, le Docteur Navarro Valls, porte-parole du Saint-Siège, précise la position de Rome : « Tous peuvent se rendre à Medjugorje s'ils le veulent. »

Depuis le 25 juin 1981, plus de vingt millions de pèlerins sont venus prier et se convertir à Medjugorje, faisant de ce lieu l'un des sanctuaires les plus visités du monde.

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Les temps sont vraiment mûrs. Le troisième millénaire sera un retour à l'Eucharistie.

La France doit se réveiller avec force car elle se croit pieuse  !  Un peuple nouveau va jaillir et consoler l'humanité désespérée et orgueilleuse car le peuple de Dieu va retourner dans la chambre haute de l'adoration eucharistique.

L'essentiel est que l'Eucharistie crée un lien de chair et de sang entre Dieu et nous. Nous sommes des fils dans le fils. Il est urgent de se convertir. Il est temps de comprendre que le Mystère de l'Eucharistie est d'une puissance cosmique. Vous allez chercher le Christ bientôt et, selon les écritures, vous ne le trouverez pas ! L'homme perd son temps dans des montagnes de détritus.

Celui qui désire avec intensité que sa vie soit orientée vers le Christ comprendra que la liturgie céleste soit une ouverture vers le Ciel. Par l'encyclique Ecclesia de Eucharistia, Jean-Paul II veut raviver cette admiration eucharistique dans la ligne de l'héritage du Jubilé qu'il a donné au Monde par la lettre apostolique "Novo millennio ineunte" et par son couronnement marial "Rosarium Virginis Mariae".

L' Eglise vit du Christ Eucharistique.

J'ai toujours accordé une priorité au Jeudi et dans la mesure de mes moyens, je pense à cette heure où le Christ est seul. Lorsque l'Eucharistie est célébrée sur un petit autel de campagne, elle est célébrée sur l'autel du Monde. J'ai toujours pensé que par la lune blanche nous était montrée la nuit pour nous rappeler la blancheur de l'hostie...

Je vous exhorte, Frères bien-aimés à vous préparer activement car quiconque demandera indulgence à Dieu en ces temps troublés recevra le pardon de ses fautes. Ainsi germera une nouvelle génération de convertis qui comprendront les signes des temps et verront Dieu dans la prière.

Je demande pardon à ceux et celles que j'ai offensés par des actes immodérés. Le chrétien doit retrouver un Coeur universel qui puisse intercéder pour le Monde. Seule l'adoration eucharistique est en mesure de donner la grâce nécessaire pour retourner dans "la chambre haute".. 

Que les médias puissent aider à diffuser ce qui suit. Une visite journalière de la Vierge Marie en Bosnie Herzégovine  presque étouffée depuis 1981...Est ce que l'homme prend la dimension de son indifférence ?

La commission des Evêques de BOSNIE HERZEGOVINE qui se tint à BANJA LUKA du 12 au 14 Juillet 2006 a préparé l'établissement d'un commencement de reconnaissance officielle par l'Eglise du Christ de MEDJUGORJE comme sanctuaire Marial.

L'année 2006 a vu l' Agence officielle du Vatican préparer environ 14 pélerinages en autobus et 24 en avion. En 1999 Monseigneur TARCISIO Bertone secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à ROME a dit en privé au Modérateur Général de la Communauté des Béatitudes qu'il fallait considérer MEDJUGORJE comme un haut lieu marial.

Jean-Paul II a considéré que MEDJUGORJE était la continuité de FATIMA. Il disait : " Moi aussi, je me rend chaque jour en Pélerinage là-bas à MEDJUGORJE par la prière.

Choisir la Vie et non la mort : Voilà l'invitation que nous donne Marie, la Mère de Dieu à MEDJUGORJE. En ces jours troublés où la jeunesse est en grand péril face à cette culture de mort qui nie Jésus-Christ comme seul chemin véritable.

Nous sommes en plein champ de bataille et la Victoire sera donnée à la Miséricorde.

Je vous livre ici un message de la Mère de Dieu qui vient s'exprimer depuis 1981 sur la terre de BOSNIE HERZEGOVINE :  " Chers enfants, aujourd'hui, je vous invite de manière spéciale à prendre la croix de Jésus dans vos mains et à méditer sur les plaies de Jésus. Demandez à Jésus de guérir les blessures que vous, petits enfants, avez reçues pendant votre vie à cause de vos péchés ou à cause des péchés de vos parents..." ( 25 mars 1997 ).

Et nous, nous pouvons nous unir dans une prière communautaire par le net, à dire dans notre Coeur :
" Chère GOSPA, nous nous plaçons sous ton regard maternel, aide-nous à nous purifier et à changer de vie ! Tire nous de l'oppression du péché, que nous vivions ! "

La Vierge fait allusion à une fausse Paix... par des pratiques occultes ! La jeunesse n'est pas armée pour déceler ces dangers. Je vous livre quelques méthodes simples pour votre défense :

  • Appelez Dieu, votre Père .. Papa
  • Tenez une Icône de la Vierge sur votre Coeur
  • Invoquez Jésus
  • Invoquez Marie
  • Invoquez Saint JOSEPH
  • Invoquez Saint Michel Archange
  • Invoquez Saint Benoît

Reprenez tout à zéro et comprenez vous-même, avec les grâces que Dieu voudra bien vous donner sur le moment,  combien vous êtes aimés et combien l'Evangile contient l'essentiel.

Bénissez et pardonnez ! Telle est la Clef de toute démarche spirituelle confiante authentique. Là, l'espérance entrera dans votre Âme et les Anges vous aideront à rendre grâce maintenant et pour toujours !

La plus belle prière rejoint celle du Christ dans un exaucement, non pas dans un éloignement des épreuves, mais dans la transformation de la souffrance qui fait rejoindre Dieu et ses projets sur l'homme. Dieu met en l'homme la vraie docilité à la grâce, la disponibilité et l'union parfaite de l'Âme avec la sainteté de Dieu. Être exaucé par Dieu revient à se soumettre à sa volonté. Le point culminant se situe dans la prière du Coeur du Christ cité dans l'épître aux hébreux ( 12-10 ). Par l'obéissance, bien qu'il n'avait pas à être éduqué, Jésus-Christ fût rendu parfait par Dieu. En ce sens, Jésus se soumet et devient ainsi l'homme nouveau, pleinement agréable à Dieu, car s'offrant lui-même.

Proclamé Grand Prêtre, son action est Universelle. Le ministère sacerdotal du Christ consiste en une intercession sans fin, couronnée de gloire à cause de sa Passion.

MICHEL

Quelques adresses :

www.enfantsdemedjugorje.com
"Les enfants de MEDJUGORJE - BP 65 - 78 170 LA CELLE SAINT CLOUD - France"

http://www.sitedemarie.com/indmedaille.htm

http://www.mariamultimedia.com

http://perso.orange.fr/orthodoxie/textes/vieStSilouane.html

http://www.musiqueatv.fr/

http://www.zenit.org/french/visualizza.phtml?sid=18038

LA DAME DE TOUS LES PEUPLES

"Une seule feuille ne jaunit qu'avec le silencieux assentiment de l'arbre entier"
Ainsi le malfaiteur ne peut agir mal sans le consentement secret de tous. Lorsqu'un de vous tombe, il tombe pour ceux qui sont derrière lui, les prévenant de la pierre d'achoppement. Et plus encore, le condamné supporte le fardeau pour l'innocent...

Khalil GIBRAN, un des plus grands mystiques et visionnaires de son temps a compris l'Âme universel du Monde qui est tissée avec du fil noir et du fil blanc...

Dans les années 1945 à 1959, la Vierge Marie communiqua des messages à Ida Peerdeman, à Amsterdam, dans lesquels elle fait connaître avec précision son désir d'être honorée sous le titre de Dame de tous les Peuples, en ce temps qui est notre temps.
Par une déclaration officielle du 31 mai 1996, les évêques ordinaire et auxiliaire de Haarlem-Amsterdam ont autorisé la dévotion publique à la Vierge sous ce titre.
La Dame demande aussi d'être officiellement reconnue comme Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate, et promet qu'elle obtiendra alors au monde, en tant que "La Dame de tous les Peuples" , la Paix, la vraie Paix.
L'image est la représentation illustrée de sa demande : La Dame se tient sur le globe terrestre devant la Croix du Rédempteur, montrant ainsi qu'elle fut inséparablement unie à la Passion du Fils dans la souffrance. De ses mains ouvertes jaillissent trois rayons dont la lumière tombe sur les peuples. Ce sont les rayons de la Grâce, de la Rédemption et de la Paix qui seront accordées à ceux qui vénèreront cette image et réciteront quotidiennement - si possible devant la Croix de Jésus ou devant cette image - la prière ci-dessous que la Dame a elle-même dicté à la voyante.

" Seigneur Jésus-Christ, Fils du Père, répands à présent Ton Esprit sur la Terre. Fais habiter l'Esprit Saint dans les coeurs de tous les Peuples, afin qu'ils soient préservés de la corruption, des calamités et de la guerre. Que la Dame de tous les Peuples, qui fut un jour Marie, soit notre Avocate. Amen "

Je vous livre ici un texte du Grand Saint François de Salles qui guida de nombreuses âmes :

La soumission à la céleste Providence, humilité et douceur, bonté de coeur sont les vertus que notre Seigneur recommandait aux Apôtres qu'il avait destinés à la supériorité de l'Univers.

L' unité de coeur est le plus excellent moyen de la perfection.

L'humilité et la charité sont les maîtresses cordes auxquelles toutes les autres vertus sont attachées.

L'humilité ne consiste pas tant dans une exacte connaissance de soi-même, mais encore dans un sincère amour de son abjection.

Ces maladies longues sont de bonnes écoles de charité pour ceux qui y assistent, et d'amoureuse patience pour ceux qui les ont.

Priez, Priez, Priez....

25  Septembre 2006


" Imitez la Vie des Saints, qu'ils soient pour vous un exemple "

MARIE de NAZARETH

SAINT SILOUANE - LE SAINT ORTHODOXE DU REPENTIR

Lundi 4 décembre 2006, 18:45

Pourquoi préférer la spiritualité comme outil du Bonheur ? Les différentes pratiques ascétiques sont forgées par l'homme lui-même pour atteindre une certaine liberté qui est représentée dans les différentes religions par une échelle.

L'Esprit est censé monter échelon par échelon. Saint IGNACE de LOYOLA choisit trois degrés alors que Saint-Benoît utilise douze barreaux à son échelle. Cette image suggestive comporte le petit risque d'associer l'élévation par les pratiques et les oeuvres. Certains se sont glorifiés trop tôt dans l'ascèse par une stricte observance mis au service d'un idéal de perfection avant de sombrer dans une éthique profane et païenne, voire une chosification de la présence de Dieu.

Je voudrais reprendre les incomparables cahiers de Saint SILOUANE L'Athonite. Ce saint a expliqué comment le repentir se trouve difficilement car très combattu par l'orgueil. Toute démarche ascétique peut se transformer en terrain miné car, comme le dit CASSIEN, il existe une humilité qui est un prétexte à un orgueil redoublé. Nous allons donc nommer cette situation comme "Vaine Gloire". Et cette voie ténébreuse s'attaque justement à l'ascète, le Moine ou l'orant,  par où ils ne s'y attendent le moins, c'est à dire sur leurs vertus.

Les vices attaquent en terrain découvert alors que la "Vaine Gloire" ou le Démon attaque tout homme sur un terrain "miné". L'adversaire attire le "vertueux" et se met en charge de naviguer dans l'inconscient, au plus profond de sa psychologie pour attaquer sur l'amour propre et forcer le croyant ou le Moine à se réfugier dans la fausse humilité. Le pécheur tombe alors dans une faiblesse vertigineuse et une impasse spirituelle qui brise le Coeur ! Un seul recours qui n'est plus vraiment un appel mais qui est le fait de tomber dans les bras du Père par nécessité.

Et là, il est un moment où l'on dépasse de beaucoup l'assiduité du bon chrétien à la messe du Dimanche. C'est pourquoi il est vraiment question de gémissements de l'Esprit dans la prière de conversion.

Les deux grands exemples de repentir sont le Roi DAVID et Saint Pierre. Et la chance du péché pour le pécheur est de pouvoir trouver la porte du royaume après reconnaître sa faiblesse, son impuissance et en même temps consentir à demander le pardon de Dieu. Dieu livre l'homme parfois à la lâcheté pour faire triompher la grâce et montrer que sans lui, il n'est point de salut et de Miséricorde.

Selon Saint BERNARD qui est un analyste pointu du repentir, le juste qui pèche est accueilli par Dieu et ne tombe pas parce que la main de Dieu est sur lui ( Psaume 90 ). Dans ce sens, nous tombons mais nous ne sommes pas écrasés.

Dans la prière de demande de pardon, le signe de la présence du démon est que la prière influencera à l'orant un état de culpabilité psychologique par l'accusation du mauvais.

C'est pourquoi la pire des choses serait de croire à une morale sans notion de péché originel. Celà supprimerait toute notion d'Amour gratuit et de Miséricorde.

La prière qui touche Dieu est sans doute celle du publicain et non celle du Pharisien qui est abattu par l'orgueil blessé qui agit sous influence d'une conscience subordonnée à un gendarme intérieur et non par le Saint Esprit...

A Bientôt

MICHEL RIVAUX

PS : Tous les termes spirituels ont leur correspondance chez les psychologues et psychiatres.

LES GRANDS INITIES - UNE EVIDENCE D' EDOUARD SCHURE - LES CHEFS SPIRITUELS INDIENS

Dimanche 7 janvier 2007

Je vous rapporte ici le sens du texte avant propos : " Les Grands Initiés " par Edouard SCHURE car il me semble utile de consentir que des êtres soient doués et plus élevés que d'autres parce que simplement des arbres sont plus grands et plus beaux que d'autres pour le bien de tous.

Le livre " Les Grands Initiés " a montré des idées surprenantes à la majorité des lecteurs. Après une froideur et un mépris par les juges les plus autorisés, l'ouvrage acquit un succès européen .

Une accélération du débit de l'ouvrage fit que l'auteur avait reçu le compliment : " Vous avez conquis votre public et le public ! ". Les grands initiés ont continué leur marche ascendante et ont franchi les préjugés traditionnels par une force de vitalité et une pensée maîtresse. Cette pensée n'est autre qu'un rapprochement lucide et résolu entre la Science et la Religion.

Seulement par cette réconciliation pourra s'opérer une nouvelle contemplation du monde visible et invisible, une certitude de l' Ame immortelle par un retour à la source commune de l'humanité, qu'elle soit de ce monde où de l'autre.

Mais depuis, l'Eglise, ne pouvant plus prouver son dogme primaire en face des objections de la science, s'est enfermée comme dans une maison sans fenêtres, opposant la Loi à la raison comme un commandement absolu et indiscutable.

La Science enivrée de découvertes dans le monde physique est devenue agnostique dans ses méthodes, matérialiste dans ses principes.

La philosophie désorientée et impuissante a en quelque sorte abdiqué ses droits pour tomber dans un scepticisme transcendant. La Religion répondant seule aux besoins du Coeur voit sa magie éternelle contestée mais les initiés savent qu'elle est bien réelle...

Toutes ces puissances ne parviennent pas à s'entendre. De là une guerre cachée entre l' Eglise et l' Etat qui répondent à des besoins fondamentaux de l'homme, une certaine poésie s'est démarquée des ces tensions pour enlever une fièvre à un malade mondial pris dans un marasme et un dégoût universel.

L' histoire des religions nous apprend que l'initiation intérieure par une vision intérieure du Coeur peut seule apporter cette vérité centrale qui donne sans cesse l'émerveillement et la surprise.

L'initié est quelqu'un qui a vécu une histoire intérieure, non apparente, cachée aux yeux de tous, et qui a reçu de l' Esprit une doctrine secrète, une science profonde qui l'établit comme prophète et réformateur. Les plus grandes extases sont suivies des plus grands drames de l'Ame car le monde ne veut pas d'un Dieu merveilleux et puissant. Ce qui aboutit à laisser des monstres s'élever contre la Paix de l'homme.

Je vous livre enfin la déclaration de HEHAPA Sapa ( 1863 - 1950 ) :

" Il paraît qu'autrefois, nous étions civilisés et instruits. Nous savions parler aux arbres, et à toutes les plantes, au peuple ailé, aux quadrupèdes et aux êtres rampants, aux mammifères et au peuple des poissons. De plus nous pouvions communiquer entre nous, et nous formions un même esprit. Et puis, peu à peu, nous nous sommes éloignés de cette connaissance pour devenir ce que nous sommes".

Black ELK ( HAHAKA Sapa ) était guérisseur Sioux.

PYTHAGORE  a connu une élévation particulière au niveau physique mais aussi au niveau ésotérique. Il a révélé par une évolution intérieure : " Ce qui s'agite en moi, ce que tu appelles Ame est un double éthéré du corps qui enferme un corps immortel". PYTHAGORE l'appelle Le char subtil de l' Ame. Ce char est destiné à emmener l' Esprit dans ce corps spirituel après la mort. Il y a bien une substance ou lumière astrale imprégnée de fluides que les voyants peuvent voir par une certaine subtilité de leur personnalités.

Avant la mort, l'homme pressent d'une façon effrayante l'état de son Ame. Si la personne est sainte, ses sens spirituels prennent le relais pour aider au détachement de la matière.

Il est donc bien temps de changer nos façons de penser. Cessons de dire ces phrases toutes faites : " Ayons les pieds sur Terre ... " 

Sachez choisir la Vie et essayez d'écouter ces envoyés ailés, ces anges qui vous parle de la Vérité, du Verbe qui est une intelligence sublime qui a reçu tout pouvoir dans les hiérarchies des cercles d'Amour de l'Amour divin. Une Loi que devinent les Grands Initiés donne des analogies cachées, des signes timides d'une sagesse céleste qui est hors des pompes bruyantes du malin.

Un jour, la Terre sera spirituelle car elle a chaque jour la visite du Ciel...     

Si un jour vous voyez un illuminé, dites vous qu'il est peut être en avance sur vous de quelques centaines d'années !

Michel

LA PRIERE JUIVE - UN DON à UN PEUPLE 

Samedi 13 janvier 2007

La Ménorah ou chandelier à sept branches relève des prescriptions faites par Dieu à Moïse. Les sept branches rappellent les sept jours de la création. Il y a dans le rituel juif une puissance qui permet à celui qui s'adonne à la prière de se blottir dans un état qui remplit toute l'Âme.

La liturgie du temple est dévolue aux lévites ou prêtres. Mais le sens de la Prière Juive est "Le service du Coeur" qui consiste à des remerciements et des demandes jaillissant du Coeur de l'homme. Les louanges permettent de sentir la Présence de Dieu qui habite "La Louange de son Peuple".

L' exil n'est pas une fatalité. C'est pourquoi les rabbins consacrèrent trois prières quotidiennes en introduisant des enseignements fondamentaux. Le Coeur est évidemment le brasier, où autel intérieur, où la prière fervente brûle en illuminant le corps tout entier.

La louange ou Hodaa, et la demande ou Bakacha, constituent pour l'orant la situation face à la bénédiction de Dieu qui est source de Vie car il donne le souffle ou Nechama. ( Genèse 2-7 ). Le sentiment d'humilité est dans cette circonstance une prière d'humilité religieuse.

La récitation à voix basse trouve son origine dans la prière d'Anne ( 1 Samuel 1,12 ). La prière d'Anne qui provient du fond de l'Âme est devenue le symbole de la véritable prière qui touche Dieu...

Quand l'homme faute, tous les os de son corps sont touchés et le squelette est dans la souffrance. ( Psaume 35,10 ). La prière qui appelle donc une gestuelle, notamment quand tout le corps s'incline et plie devant Dieu, est une source de guérison et de reconnaissance. La position du tailleur ou la  position pliée permet à l'Âme de recevoir et d'écouter Dieu.

Le châle de prière est au service de la ferveur. Le corps est sanctifié et protégé par la Prière et le Talith qui couvre le visage évite au regard de s'écarter de l'intimité avec Dieu. Les bénédictions de la Amida et les dix huit bénédictions tournées vers Dieu place la charité de Dieu à la première place. Au chapitre XV de la Genése, Dieu annonce à Abraham que sa descendance sera asservie puis libérée de l'esclavage.

L'identité du monothéisme abrahamique rappelle à l'orant qu'il reçoit la protection dite du "bouclier d'Abraham" et reçoit les bénédictions des puissances de Dieu dans la nature. La bénédiction de sainteté confirme une sainteté dans la résurrection de la nature, la résurrection des morts et la résurrection quotidienne offerte par Dieu dans la nature.

Le judaïsme est la religion de la Vierge Marie. Entrons dans ce mystère en enlevant nos sandales.

Michel

ECOLE FRANCAISE DE SPIRITUALITE - LE COEUR DE JESUS

Dimanche 18 mars 2007

En image, Pierre de Bérulle, un maître à penser qui est à la source de la formation de l'Eglise du Christ..

L'ECOLE FRANÇAISE DE SPIRITUALITE
Jean DUJARDIN
prêtre, Supérieur Général des PRETRES DE l'ORATOIRE

Le XVIIème siècle a vu éclore une nouvelle forme de spiritualité sous l'impulsion du cardinal de BERULLE. D'étonnantes similitudes entre cette époque de mutation et la nôtre peuvent éclairer aujourd'hui l'évolution de l'identité du prêtre diocésain. Les intuitions de l'Ecole Française peuvent trouver écho en nous parce qu'elles ont su s'enraciner à nouveau dans la tradition de l'Eglise.
  • QU'EST-CE QUE l'ECOLE FRANÇAISE ?

On entend par "Ecole Française" une Ecole de spiritualité qui est née au début du XVIIème siècle. Le mot même d'Ecole signifie qu'il ne s'agit pas de l'initiative d'un seul homme, même si l'on reconnaît en la personne du cardinal de BERULLE le premier de ceux qui lui appartiennent. Cette Ecole s'est développée par la suite avec des hommes aussi divers que riches dans leur personnalité et dans leurs initiatives que Saint Vincent de Paul, fondateur des prêtres de la Mission, Louise de Marillac des Filles de la Charité, Jean-Jacques OLIER de la compagnie de Saint Sulpice et des séminaires, Saint Jean Eudes de la Congrégation de Jésus et de Marie et de plusieurs communautés féminines, et même Saint Louis GRIGNON DE MONTFORT, dont la spiritualité est incontestablement d'un accent plus marial que les précédentes. Et enfin, ne l'oublions pas, Saint Jean Baptiste de la Salle, fondateur des Frères des Ecoles Chrétiennes.

Ecole Française de spiritualité, aujourd'hui les spécialistes de cette période préféreraient plutôt parler d'Ecole bérullienne du fait de la dépendance spirituelle de tous ses membres fondateurs par rapport au premier d'entre eux, le cardinal de BERULLE.

  • QUELLE FUT LA GENESE DE CETTE ECOLE ?

Nous sommes à la fin du XVIIème siècle, la France sort à peine des guerres de religion. On a du mal à imaginer aujourd'hui à quel point cette France religieuse de la fin du XVIème siècle et du début du XVIIème siècle a été secouée par la violence de cette crise, dont les méfaits sont encore perceptibles lorsqu'on examine attentivement la situation religieuse d'un certain nombre de nos villages, de nos villes ou de nos régions françaises.

Si l'on veut comprendre la racine de cette crise, il faut remonter plus loin encore, car les guerres de religion ne sont que la manifestation extérieure de questions infiniment plus profondes. Des historiens aujourd'hui parlent volontiers de : "l'épuisement religieux de la fin du Moyen-Age". La Réforme protestante n'a pas simplement été une réaction contre les abus visibles dans la vie de l'Eglise. Il y a certes eu la fameuse "affaire des indulgences" contre laquelle LUTHER a réagi ; mais cela n'était que la manifestation précisément de ces questions cruciales qu'on pourrait regrouper autour d'un terme unique : "l'angoisse" des hommes de la fin du Moyen-Age et du début de la Renaissance : l'obsédante question de la mort et du Salut. Le XIVème siècle, marqué par la grande peste noire, véhicule l'omniprésence de la mort. D'un autre côté, les grandes découvertes, la Renaissance, l'humanisme exaltent l'homme à l'infini.Comment "gérer les rapports du visible et de l'invisible ?" écrit encore un autre historien. Telle est finalement la question.

  • QUELLE REPONSE VA-T-ON TROUVER A CES INQUIETUDES RELIGIEUSES ?

Il y a deux sortes de réponse à cet épuisement religieux de la fin du Moyen-Age : en premier lieu la réponse de la renaissance et de l'humanisme ; en second lieu, la réponse de la Réforme protestante.

La réponse de la Renaissance et de l'humanisme, c'est le retour à l'Antiquité. Non pas qu'il y ait redécouverte de l'Antiquité (comme si les hommes du Moyen-Age l'avait ignorée - ainsi qu'on le dit quelquefois un peu légèrement), mais retour à l'Antiquité comme norme, guide de sagesse en cette vie.

Cette forme de réponse va certainement satisfaire un nombre appréciable d'hommes, des intellectuels de haut vol, mais elle laisse sur sa faim l'ensemble du peuple chrétien. Il y aura donc la réponse de la Réforme.

S'appuyant sur une lecture de l'Ecriture facilitée par l'imprimerie et les recherches linguistiques, elle met en oeuvre le salut par la Foi. Dans tout cet enchevêtrement d'idées et de recherches, devant la cassure des Eglises, survient le Concile de Trente. Il édifie une imposante construction théologique et pastorale, probablement la plus équilibrée en face de ces troubles, même si, hélas, il ne survient qu'après la Réforme. De lui vont naître, parfois un peu avant lui, une multitude d'initiatives.

On a beaucoup parlé de Contre-Réforme catholique, parce que dans ce qui suit le Concile de Trente, il y a incontestablement un aspect de lutte contre le développement de l'hérésie dite "protestante". Mais aujourd'hui on parle d'une manière plus juste sans doute de la Réforme catholique, pour tenir compte, au-delà de l'aspect de lutte contre le protestantisme, d'une réponse beaucoup plus positive de l'Eglise elle-même aux propres besoins du peuple chrétien.

L'Ecole Française de spiritualité naît au moment précis où se pose en France la question de l'introduction et de l'application du Concile de Trente. Mais nos Pères fondateurs qui sont essentiellement des missionnaires, comme on le verra par la suite, sont convaincus qu'il ne saurait y avoir de vraie réforme théologique ou pastorale qui ne soit précédée d'un renouveau spirituel.

  • QUELLES SONT LES FIGURES DE CE MOUVEMENT ?

Il y a d'abord un groupe qui se réunit autour d'une femme, Madame ACARIE, la cousine du cardinal de BERULLE. Par la suite Madame ACARIE, devenue veuve, entrera au carmel. Elle prendra le nom de Marie de l'Incarnation. L'Eglise l'a déclarée depuis "Bienheureuse".

Autour d'elle se retrouve dans son salon un certain nombre d'hommes très divers : des religieux, des laïcs, Saint François de Sales, quand il est de passage à Paris.

La première décision importante que le petit groupe prend est de réimplanter en France une vie contemplative digne de ce nom. Pour cela, il décide d'envoyer le jeune BERULLE, il a alors 23 ans, en ESPAGNE chercher quelques carmélites.

  • IL N'Y AVAIT PLUS DE VIE CONTEMPLATIVE EN FRANCE ?

Si, bien sûr. Mais beaucoup de monastères avaient besoin d'être réformés et le carmel, réformé précisément par Sainte Thérèse d'Avila, semblait un modèle particulièrement adapté de vie contemplative. Les multiples implantations qui ont suivi par la suite montrent bien la fécondité de cette intuition originelle.

Second souci : le problème du clergé. On a souvent dit que les fondateurs de l'Ecole Française de spiritualité ont essentiellement voulu fonder des séminaires. Or ce n'est pas tout à fait exact. Leur intuition première est plus large.

Ce sont souvent les besoins du peuple chrétien tout entier qu'ils perçoivent et auxquels ils veulent d'abord répondre. Car ces gens-là sont d'abord des missionnaires, c'est à dire qu'ils ont le souci, non pas simplement de lutter contre l'hérésie protestante, même si ils le font dans les premières années comme St François de Sales ou le Cal de BERULLE, mais avant tout, de ré-évangéliser le peuple de France. Tous ont fondé des missions, certains, comme l'Oratoire, en France exclusivement ; d'autres iront à l'étranger comme les Sulpiciens et les Lazaristes. La vision de l'Eglise qu'ils mettent en oeuvre, dont ils n'ont pas fait, sauf exception, la théologie systématique est une préfiguration de la vision de l'Eglise "Corps Mystique du Christ" telle qu'elle se développera au XXème siècle. Leur discours sur ce point est biblique, évangélique et paulinien. Il est également très inspiré d'une profonde connaissance des Pères de l'Eglise. Il faut reconnaître également que ces hommes missionnaires ont eu conscience qu'il n'y aurait pas de ré-évangélisation de la France sans passer par une réforme du clergé.

Mais il faut bien voir que cette réforme n'est pas première, elle est la conséquence de la perception des besoins du peuple chrétien et motivée, appelée par une urgence spirituelle. Ils ne sont pas d'abord des fondateurs de séminaires. Par contre, la formation des prêtres leur apparaît comme un des moyens nécessaires pour assurer la nouvelle christianisation du pays.

C'est encore dans le salon de Madame ACARIE que cette idée a mûri. "Restaurer l'état de prêtrise", selon l'expression du Père de BERULLE et conformément au langage normal de cette société organisée en "états", tel est l'objectif. Pour y parvenir, les fondateurs auraient pu passer comme d'autres par la fondation de nouveaux "ordres religieux". Ils ne l'ont pas voulu pour être conforme à la vision de l'Eglise locale organisée autour de l'évêque.

  • CELA NOUS SEMBLE UNE EVIDENCE AUJOURD'HUI !

A l'époque, ce n'était pas si simple. On a peine à imaginer la situation qui était celle de ce temps.

Saint Vincent de Paul a décrit en des pages très sévères l'état d'ignorance des prêtres, leur médiocrité. Plus gravement, il y avait le système des bénéfices dont les méfaits sont considérables car il ne reposait que sur des intérêts économiques. Qu'il dépende de l'évêque lui-même, du monastère voisin, du seigneur ou du roi, la nomination d'un curé dans une paroisse relève bien peu de considérations pastorales. L'un des soucis de BERULLE sera précisément de constituer des communautés de prêtres plus libres.

Dans une telle perspective, créer un nouvel ordre religieux exempt de la juridiction de l'évêque selon les termes rigoureux de l'époque, c'était encore réformer l'Eglise de l'extérieur et cela d'une manière beaucoup plus sensible que nous ne pouvons le comprendre aujourd'hui. Le souci de fond qui préside à leur initiative est donc de réformer l'état de prêtrise sans le couper du clergé séculier. D'où leur désir de communauté de prêtres sans vœu dépendant étroitement de l'évêque pour leur ministère, mais relevant d'un Supérieur pour leur vie communautaire, libérés de tous bénéfices et donc plus proches du peuple de Dieu. Nous sommes loin du prêtre séparé dont on parlera par la suite. Ces prêtres en communauté sont bien séparés non pas des hommes, de la culture, mais des mondanités et des contraintes d'un ordre économique et social qui entrave la liberté de l'Eglise.

  • QUI VA SE CHARGER DE CETTE ENTREPRISE ?

On a d'abord pensé à Saint François de Sales, mais il s'est récusé parce que trop pris par son diocèse. On s'est donc tourné vers le Père de BERULLE sans doute parce qu'il manifestait des qualités d'animation et de direction, dans la responsabilité assumée auprès des carmélites. BERULLE ne s'est pas tout de suite rendu à la demande, il a beaucoup hésité, il a même fallu la pression de l'archevêque de PARIS pour qu'il se décide.

  • ETAIT-IL DEJA CARDINAL ?

Non, quand il fonde l'Oratoire il n'a que 36 ans. D'ailleurs la fondation a mis du temps à se concrétiser. Au moment où la décision est prise, une question se pose en effet : de quel modèle s'inspirer ? Jusqu'à présent, ou l'on appartient au clergé séculier ou l'on est religieux. Il n'y avait pas de structure intermédiaire.

C'est, là encore semble-t-il, Saint François de Sales qui fit connaître à BERULLE la fondation que Saint Philippe Néri avait faite à ROME à la fin du XVIème siècle sous le nom d'Oratoire. Saint Philippe avait rassemblé autour de lui un certain nombre de prêtres vivant en communauté sans en faire pour autant des religieux.

En réalité, deux modèles ont inspiré BERULLE. L'Oratoire de ROME, qui a donné son nom à la nouvelle congrégation, mais aussi une autre fondation qu'avait faite Saint Charles Borromée sous le nom d'Oblats dans son diocèse. Ces missionnaires qui étaient des prêtres diocésains furent les artisans de l'application de la réforme du Concile de Trente dans le diocèse de MILAN.

A partir de là, BERULLE va peu à peu retenir deux idées : Il faut mettre des prêtres à la disposition des évêques dans les diocèses, en étroite dépendance à leur égard pour leur ministère et pour leur service pastoral.

Mais en même temps, il les veut indépendants de l'évêque pour leur formation et pour la vie communautaire.

BERULLE fonde donc l'Oratoire dans cette double perspective. Et sous son impulsion de nombreuses fondations voient le jour avant sa mort en 1628.

  • A QUEL MOMENT FAIT-IL LA CONNAISSANCE DE JEAN EUDES ?

Jean Eudes est entré à l'Oratoire le 19 mars 1625. C'est le Père de BERULLE qui l'accueille lui-même officiellement. Il restera vingt ans dans la congrégation. Je crois qu'on peut dire qu'il y a reçu non seulement sa formation de séminariste pour le sacerdoce, mais les grands axes de la spiritualité qu'il développera par la suite avec son charisme propre et selon les besoins qu'il découvre. Il quitte l'Oratoire essentiellement parce que la congrégation ne répondait pas assez vite aux besoins de formation des séminaires. Sans doute cela était-il vrai.

BERULLE sera aussi pendant quelque temps le directeur spirituel de Saint Vincent de Paul. C'est lui encore qui lui conseillera de prendre en charge la paroisse de CLICHY. Par la suite le Père Charles de CONDREN, successeur du Père de BERULLE à la tête de l'Oratoire, sera le directeur spirituel de Monsieur OLIER. Vous voyez ainsi comment se sont tissés entre tous ces hommes, au-delà des relations de rencontres historiques, des liens spirituels profonds.

  • MAIS COMMENT EXPLIQUER LE PENCHANT DE l'ORATOIRE POUR LA CREATION d'ECOLES ?

Il y a ici une situation tout à fait paradoxale. A l'origine, BERULLE souhaitait que les oratoriens puissent s'occuper de toutes les tâches qui peuvent être accomplies par un prêtre, à l'exclusion de l'éducation, tout simplement parce que les jésuites s'en occupaient bien.

Mais, dans la Bulle de Fondation de la congrégation de 1613, le pape a rajouté de sa propre autorité : y compris l'éducation. C'est ainsi que les oratoriens se sont lancés dans cette tâche. A l'époque de Louis XV, un certain nombre de municipalités, de villes ont demandé à l'Oratoire de fonder des collèges, de reprendre d'anciens collèges jésuites du fait que la Compagnie venait d'être expulsée de France. Ainsi, la congrégation s'est trouvée chargée de ce service beaucoup plus, probablement, que BERULLE ne l'aurait désiré lui-même et on voit ainsi que l'éducation ne définit pas la vocation oratorienne.

La Fondation de Saint Jean Eudes, par contre, se centrera davantage sur les missions et la formation des prêtres. Monsieur OLIER s'occupera lui aussi d'abord de mission et de vie paroissiale. N'oublions pas qu'il a fondé son premier séminaire autour de la paroisse St Sulpice à PARIS.

Quant à Saint Vincent de Paul, c'est d'abord la mission qui l'occupe. Mais à la demande des prêtres eux-mêmes, il organisera les Conférences de Saint Lazare et sa Congrégation s'orientera aussi vers la formation dans les séminaires.

Nous sommes donc devant la naissance de plusieurs familles de prêtres...

Il est certain que de cet ensemble de Fondations est née une tradition spirituelle. Mais il est très important de voir et de comprendre qu'à l'origine ce n'est pas au sens strict du terme une spiritualité réservée aux clercs. C'est une spiritualité qui a comme objectif premier de donner aux croyants, aux baptisés, dirait Saint Jean Eudes, soucieux de perfectionnement spirituel, les moyens de ce perfectionnement. Et, bien entendu, parmi ces croyants il y en a qui ont des besoins spécifiques, ce sont les prêtres.

Lorsqu'on dit que l'Ecole Française de spiritualité est uniquement une spiritualité sacerdotale, on se trompe ou, du moins, on ne rend pas compte de toutes ses dimensions. On oublie que BERULLE a forgé une partie essentielle de ses idées dans l'instruction des carmélites. On oublie qu'un Jean-Baptiste de la Salle adaptera cette tradition spirituelle aux Frères des Ecoles Chrétiennes. On oublie que Gaston de RONDY en monnayera certains aspects pour les laïcs au sein de la Compagnie du Saint Sacrement.

C'est vrai qu'un homme comme BERULLE a très particulièrement le souci de la restauration de "l'état de prêtrise", mais quand on regarde attentivement quelle est l'articulation de sa pensée spirituelle, on découvre qu'elle rappelle tout simplement aux prêtres qu'ils sont d'abord baptisés. Et comme tout baptisé qu'ils sont appelés à la sainteté. Ce que BERULLE ajoute n'est pas d'abord un plus, mais il constate et développe cette idée que le ministère sacerdotal est, au cœur de cet appel à la sainteté, une exigence nouvelle. Il refuse en effet de réduire le ministère au simple exercice d'une fonction, si l'on peut dire.

Il faut donc que le prêtre qui exerce un ministère qui est un ministère de sanctification, ajuste sa vie personnelle à la qualité du service auquel il est appelé. Ce ministère comporte donc en lui-même une exigence de sanctification qui lui est propre. C'est ce qu'on peut appeler une spiritualité sacerdotale mais dont on voit bien que la racine profonde n'est pas d'abord sacerdotale mais baptismale.

Par la suite, une certaine spécialisation accentuera incontestablement le caractère plus clérical de l'Ecole Française. On peut penser, sans pour autant lui en faire porter tout le poids, que le troisième Supérieur Général de St Sulpice, Monsieur TRONÇON, porte en ce domaine une part importante de responsabilité.

  • QUEL ETAIT, DANS l'ESPRIT DU CARDINAL DE BERULLE, L'IMPORTANCE DE LA VIE COMMUNAUTAIRE ?

La vie commune est un élément essentiel de sa pensée. Comme presque tous les fondateurs, il a fortement présent à l'esprit l'idéal tracé dans les Actes des Apôtres. Il pense que le témoignage sacerdotal passe par un témoignage de vie commune. Cela pour des raisons davantage mystiques que pratiques.

Mais il y a aussi une autre raison plus circonstancielle, il s'agit de libérer le prêtre de cette structure sociale asservissante qu'est le système des bénéfices. De ce point de vue, je le répète, il ne s'agit pas de couper les prêtres des réalités humaines, et encore moins de la culture humaine, mais de les libérer des contraintes mondaines.

  • N'ASSISTONS-NOUS PAS, LA, A LA NAISSANCE D'UNE VISION ECCLESIOLOGIQUE NOUVELLE QUI SITUE LE PRETRE COMME COLLABORATEUR DE L'EVEQUE ?

Absolument, encore que cela soit très traditionnel chez les premiers Pères de l'Eglise. A l'époque de la fondation, et cela est demeuré vrai dans l'Oratoire et à St Sulpice, les prêtres ne sont pas incardinés à la Congrégation. Ils demeurent incardinés à leur diocèse. Certes, cela peut sembler un peu fictif dans la réalité de la vie quotidienne, mais c'est tout de même symbolique de l'enracinement dans le diocèse.

  • AUJOURD'HUI, QUELLE EST L'EVOLUTION DE LA SPIRITUALITE DE L'ECOLE FRANÇAISE ?

Toutes ces familles qui sont nées autour de l'Ecole Française de spiritualité travaillent de plus en plus souvent ensemble. C'est à dire que chacune, tout en répondant à sa vocation propre, éprouve le besoin de retourner davantage à ses racines, et ces racines re-découvertes nous conduisent à nous retrouver. En voici deux exemples concrets :

Depuis de nombreuses années déjà, les Provinciaux des quatre familles principales, c'est à dire chronologiquement : oratorienne, sulpicienne, eudiste et lazariste, se retrouvent chaque trimestre. Tous les deux ou trois ans ils organisent une retraite commune.

Second exemple plus récent, mais appelé à un certain développement je le crois, c'est le souci commun des jeunes qui a conduit les équipes de formation à organiser des week-ends ensemble.

Pour être complet, il faut dire aussi qu'il existe un travail de concertation entre les fondations féminines. De nombreuses Congrégations, plus ou moins rattachées à l'Ecole Française, cherchent à retrouver le même enracinement spirituel. Les fruits de ces efforts ne sont pas encore évidents, éclatants, mais je suis convaincu qu'ils mûriront dans un avenir très proche.

Nous avons enfin le sentiment que les intuitions spirituelles de ces hommes du XVIIème siècle gardent toute leur pertinence pour notre temps, malgré un langage daté qui les rend difficilement accessibles.

  • QUE PEUVENT NOUS APPORTER CES INTUITIONS SPIRITUELLES ?

Premièrement, le problème qui inquiétait les hommes de ce temps-là, la fin du XVIème siècle, du XVIIème siècle, c'était celui du rapport à Dieu, le rapport au visible et à l'invisible pour reprendre l'expression citée plus haut. Question d'une extrême actualité. Ils ont voulu restaurer dans le monde chrétien un sens plus juste de Dieu. BERULLE, OLIER, VINCENT de PAUL, JEAN EUDES, ces hommes-là quand ils parlent de Dieu savent vraiment de qui ils parlent et ils savent la place qu'ils doivent lui donner dans leur existence et dans l'humanité tout entière. BERULLE a écrit sur ce point de nombreux textes, de voudrais seulement citer un petit passage d'un opuscule de piété : "Que je Vous connaisse et que je me connaisse, que je me proportionne et me mesure à Vous... que je me réfère à Vous par la condition de mon être qui n'est qu'une simple relation à Vous... Vous êtes le fondement et l'intime de mon être... mon bonheur est d'être à Vous, d'être une pure capacité de Vous, remplie de Vous..."

Deuxièmement, ce sont aussi des hommes de leur temps. Ils savent très bien quelles séductions opéraient les grandes découvertes, la Renaissance, l'Humanisme, etc. Leur problème fut d'établir un lien aussi juste que possible entre cette recherche de Dieu et l'exaltation de l'homme qui est le fruit des mutations de l'époque contre laquelle la Réforme a réagi violemment et sans doute d'une manière excessive. On se souvient à cet égard du grand débat entre ERASME "de libero arbitrio" et LUTHER "de servo arbitrio".

Je ne crois pas que BERULLE concentre par une simple inclination de piété personnelle toute sa spiritualité sur le mystère de l'Incarnation, c'est à dire sur le mystère de la relation entre Dieu et l'homme en la personne de Jésus. Dans son oeuvre principale : "DISCOURS DE L'ETAT ET DES GRANDEURS DE JESUS", c'est non seulement le Fils de Dieu fait homme (de ce point de vue il est très proche de St Irénée), mais c'est l'homme divinisé, c'est l'homme qui, par le chemin de Jésus, peut aller à la rencontre du Père, entrer dans le mystère de la Trinité, s'épanouir dans le mystère de l'Amour de Dieu, c'est le Fils adorateur du Père. C'est la dimension relationnelle qui est mise en évidence.

Il me semble que le mystère de l'Incarnation non seulement n'a pas perdu son actualité, parce qu'il est au cœur de la doctrine chrétienne, mais qu'il garde toute son urgence dans un monde plus divisé que jamais où les coupures, les ruptures s'étalent sous nos yeux.

  • N'Y A-T-IL PAS ICI UNE RECHERCHE D'INCULTURATION DE LA FOI PROCHE DES INTUITIONS DE VATICAN II ?

Il y a incontestablement dans l'Ecole Française une perception aiguë de la crise religieuse du temps et le souci d'y répondre. Ce n'est pas par hasard que, mesurant l'épuisement de la scolastique, BERULLE encouragera les premiers pas du jeune DESCARTES, même s'il n'en mesure pas toutes les conséquences. Mais ce n'est pas par hasard non plus qu'un de ses premiers disciples, Nicolas MALEBRANCHE, conscient de l'enjeu et de ses conséquences, tentera dans sa philosophie de faire la synthèse entre la pensée chrétienne la plus authentique et le cartésianisme. Certes, il y réussira plus ou moins, et on a le droit de le critiquer, mais la tentative est significative.

Dans son ensemble, l'Ecole Française a eu l'intuition qu'il ne fallait pas se situer à côté du temps et de ses problèmes mais qu'il fallait y répondre par un approfondissement du mystère chrétien.

Une deuxième chose me paraît profonde et réelle, et je pense que cette question demeure toujours très présente, c'est qu'un Concile ne peut vraiment passer dans le peuple chrétien que s'il trouve le moyen de traduire ses réformes dans un mouvement spirituel. Ce fut le génie de l'Ecole Française de l'avoir perçu. Pas elle seule, bien sûr, car avant elle il y a eu des figures aussi considérables que Thérèse d'Avila, Saint Ignace de Loyola et tant d'autres.

Ces grandes figures de l'Eglise ont vu avec plus de pertinence que d'autres qu'il ne suffisait pas de décider de réformes structurelles pour transformer l'Eglise, mais qu'il fallait une réforme des cœurs et des esprits. Les grandes idées qui ont été les leurs de ce point de vue, je les trouve toujours très actuelles, susceptibles, après un travail de relecture, de répondre à bien des questions. Ou en tout cas de nous indiquer dans quel esprit il faut chercher à y répondre.

L'Europe, vous le savez, souffre encore d'une grave pénurie de prêtres. Au XVIIème siècle, ce n'était pas un problème de nombre, mais c'était un problème de qualité. Je trouve très intéressant de remarquer que dans ce contexte différent, nos fondateurs ont eu l'intuition profonde qu'on ne pouvait pas concevoir une réforme du clergé, un renouveau sacerdotal indépendamment d'un renouveau du peuple de Dieu tout entier. Tout se tient dans leur vision de l'Eglise.

Dans mes préoccupations de Supérieur général aujourd'hui, il n'y a donc pas seulement celle d'assurer une continuité à l'Oratoire dans la mesure où il sert l'Eglise, et donc d'appeler au sacerdoce ministériel, mais il y a beaucoup plus. Car cet appel au sacerdoce, nous en avons la conviction, ne passe pas seulement par notre propre effort, mais par la conscience plus aiguë du peuple chrétien d'appartenir à un corps, à ce corps qui est l'Eglise, témoin du Christ dans le monde des hommes.

  • LE THEME DU SYNODE ROMAIN SUR LA FORMATION DES PRETRES VOUS EST DONC TRES CHER ?

Il est évident que le souci de la formation des prêtres demeure très fort, par tradition davantage chez les Sulpiciens et chez les Eudistes ou même chez les Lazaristes, que chez nous, car l'éducation a joué un grand rôle dans notre histoire et nous nous sommes orientés de façon plus diversifiée.

Cependant, ce souci est aussi très réel pour nous. Nous nous posons cette question : où se joue aujourd'hui le moment de la vocation des jeunes ? Deux lignes de recherches, complémentaires je crois, se développent depuis quelques années, très modestement, dont j'ose à peine parler ici car je ne veux surtout pas en faire un modèle.

D'une part, nous travaillons avec des laïcs à partager avec eux les lignes de force de notre tradition spirituelle, pour répondre à leur attente en ce domaine.

Le risque existe en effet, pour eux, et ils y sont très sensibles, d'accéder à une formation théologique, de se former pastoralement selon les besoins de l'Eglise, sans pour autant trouver ce qui fait l'unité de leur vie, c'est à dire une vie spirituelle correspondante. Au fond, pour les laïcs aujourd'hui, se pose d'une manière analogue la même question qui se posait aux prêtres du XVIIème siècle : Est-ce qu'on va leur permettre d'accéder aux exigences d'une vie spirituelle à la hauteur des responsabilités qu'on leur confie ?

Il ne s'agit pas seulement de former un catéchiste parce qu'il faut un catéchiste, ou un liturgiste. Notre désir est, à notre modeste place, d'aider des laïcs à vivre une tradition spirituelle qui peut leur permettre de répondre aux besoins et aux appels de l'Eglise de ce temps ; donc de passer en quelque sorte, de l'organisation à l'animation pour éviter que les hommes et les femmes vivent une sorte de dichotomie entre leurs tâches et leur vie spirituelle.

Je crois d'ailleurs que c'est au sein de ces groupes qu'apparaîtra davantage le besoin de prêtres. Pour qu'il y ait un appel au sacerdoce ministériel qui trouve écho, ne faut-il pas que là où l'appel est lancé, il y ait un milieu porteur. Hier ce milieu porteur était tout naturellement les familles nombreuses ou les familles rurales ; aujourd'hui, il me semble que c'est davantage la responsabilité plus globale des communautés chrétiennes dans leur ensemble, et je crois qu'en ce domaine, partager nos traditions spirituelles peut aider un certain nombre d'entre elles à se situer davantage par rapport à l'Eglise et à l'ensemble de ses besoins.

D'autre part, notre souci plus spécifique concerne, bien sûr, la vocation sacerdotale. Nous ne voulons pas, et d'ailleurs nous n'en avons pas les moyens, faire ce que font les Sulpiciens ou les Eudistes, mais ayant fait l'expérience des responsabilités éducatives dans les collèges, nous sentons que maintenant l'appel au sacerdoce ne se joue plus seulement dans les premières années, comme autrefois, mais souvent un peu plus tard, dans cette période intermédiaire qui va de la fin des études secondaires à l'entrée dans la vie professionnelle. Il faut donc être présents à ce moment-là.

Dans ce but, il y a deux ans nous avons ouvert une petite maison à LYON-VILLEURBANNE où des jeunes de 18-30 ans peuvent partager ensemble une année de réflexion, tout en poursuivant leurs études. Ils trouvent la une expérience communautaire, les moyens d'un discernement et d'un approfondissement spirituel. L'objectif c'est de les aider à clarifier en un sens très large leur vocation dans l'Eglise, quelle que soit cette vocation : demeurer dans la vie laïque et se marier, ou choisir de répondre à une vocation plus spécifique, sacerdotale ou religieuse. Je dois à la vérité de dire que nous nous sommes inspirés à cet égard d'une autre expérience lancée quelques années auparavant, par les Pères eudistes à PARIS, bien que leur expérience fût plus spécifiquement tournée vers la vocation sacerdotale. On le voit ainsi, des solutions s'esquissent et la recherche se poursuit.

D'un autre côté, nous faisons tous un effort de publication de nos textes. En ce qui nous concerne, grâce à l'obligeance des Editions du CERF, trois petites oeuvres de BERULLE ont été publiées en deux années, et nous préparons à plus long terme une édition critique de l'ensemble des oeuvres du cardinal.



Je crois pouvoir dire que nous sommes tous très conscients d'être porteurs d'un héritage infiniment riche, un héritage que bien des courants de vie de l'Eglise d'aujourd'hui, généreux, extraordinaires dans leur vitalité, pourraient utiliser avec profit parce que nos fondateurs du XVIIème siècle étaient tout à la fois des hommes pénétrés de la Parole de Dieu, connaisseurs éminents de la tradition patristique et très assurés dans leurs connaissances théologiques, même s'ils ne figurent pas parmi les grands théologiens. Plus que jamais, peut-être, nous avons besoin de courants spirituels qui soient précisément enracinés dans la tradition de l'Eglise.

LETTRE DU PAPE JEAN PAUL II AUX PRETRES - JEUDI SAINT 2001

Jeudi 25 octobre 2007

Lettre du Pape Jean-Paul II aux prêtres pour le Jeudi Saint 2001

Chers Frères dans le sacerdoce!

1. Au jour où le Seigneur Jésus fit à l'Église le don de l'Eucharistie et où, avec elle, il institua notre sacerdoce, je ne saurais manquer de vous adresser — comme c'est désormais la tradition — quelques mots, qui se veulent des mots d'amitié et, je dirais, d'intimité, désirant ainsi partager avec vous l'action de grâce et la louange.

Lauda, Sion, Salvatorem, lauda ducem et pastorem, in hymnis et canticis! Oui, vraiment, il est grand, le mystère dont nous avons été faits les ministres. Mystère d'un amour sans limites, car « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'au bout » (Jn 13, 1); mystère d'unité qui, venant des sources de la vie trinitaire, rejaillit sur nous pour nous faire « un » par le don de l'Esprit (cf. Jn 17); mystère de la divine diakonia qui conduit le Verbe fait chair à laver les pieds de sa créature, montrant que le service est la voie principale de toute relation authentique entre les hommes: « Comme je l'ai fait, faites-le vous aussi... » (cf. Jn 13, 15).

De ce grand mystère, nous avons été faits, à un titre spécial, les témoins et les ministres.

2. Ce Jeudi saint est le premier après le grand Jubilé. L'expérience que nous avons faite avec nos communautés, en célébrant spécialement la miséricorde, deux mille ans après la naissance de Jésus, devient maintenant un stimulant pour la poursuite de notre marche. Duc in altum! Le Seigneur nous invite à repartir au large en nous fiant à sa parole. Mettons à profit l'expérience jubilaire et poursuivons notre engagement de témoins de l'Évangile avec l'enthousiasme que suscite en nous la contemplation du visage du Christ!

En effet, comme je l'ai souligné dans la lettre apostolique Novo millennio ineunte, il faut repartir de lui pour nous ouvrir en lui, avec les cris « inexprimables » de l'Esprit (cf. Rm 8, 26), à l'étreinte du Père: « Abba, Père » (Ga 4, 6). Il faut repartir de lui pour redécouvrir la source et la logique profonde de notre fraternité: « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » (Jn 13, 34).

3. Je désire aujourd'hui exprimer à chacun d'entre vous mes remerciements pour ce que vous avez fait durant l'Année jubilaire afin que le peuple qui vous est confié ressente plus intensément la présence salvatrice du Seigneur ressuscité. Je pense aussi en cet instant au travail que vous accomplissez chaque jour, travail souvent caché qui, sans accéder aux feux de la rampe, fait avancer le Règne de Dieu dans les consciences. Je vous dis mon admiration pour ce ministère discret, tenace, créatif, bien qu'il soit parfois traversé par les larmes de l'âme que Dieu seul voit et qu'il « recueille en ses outres » (cf. Ps 55, 9). Ministère d'autant plus digne d'estime qu'il est davantage éprouvé par les résistances d'un monde largement sécularisé, qui expose l'action du prêtre aux embûches de l'épuisement et du découragement. Vous le savez bien: cet engagement quotidien est précieux aux yeux de Dieu.

En même temps, je désire me faire l'écho du Christ, qui nous appelle à développer toujours davantage nos rapports avec lui. « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe » (Ap 3, 20). Annonciateurs du Christ, nous sommes avant tout invités à vivre en intimité avec lui: il n'est pas possible de donner aux autres ce que nous n'avons pas nous-mêmes! Il y a une soif du Christ qui, malgré tant d'apparences contraires, émerge dans la société contemporaine, se manifeste au milieu des incohérences de nouvelles formes de spiritualité, se dessine même lorsque, sur les grands problèmes éthiques, le témoignage de l'Église devient un signe de contradiction. Cette soif du Christ — consciente ou non — ne peut être apaisée par des paroles vides. Seuls des témoins authentiques peuvent répandre de manière crédible la parole qui sauve.

4. Dans la lettre apostolique Novo millennio ineunte, j'ai dit que le véritable héritage du grand Jubilé est l'expérience d'une rencontre plus intense avec le Christ. Parmi les nombreux aspects de cette rencontre, il me plaît aujourd'hui de choisir, pour la présente réflexion, celui de la réconciliation sacramentelle: c'est d'ailleurs un aspect qui a été au centre de l'Année jubilaire, notamment parce qu'il est intimement lié au don de l'indulgence.

Je suis sûr que vous aussi en avez fait l'expérience dans les Églises locales. Il est certain qu'ici, à Rome, l'affluence importante de personnes qui se sont approchées du sacrement de la miséricorde a été l'un des phénomènes les plus manifestes du Jubilé. Même des observateurs laïcs en ont été impressionnés. Les confessionnaux de Saint-Pierre, comme ceux des autres Basiliques, ont été comme « pris d'assaut » par les pèlerins, souvent contraints de suivre de longues files et d'attendre patiemment leur tour. Et l'intérêt montré pour ce sacrement par les jeunes lors de la semaine splendide de leur Jubilé a été particulièrement significatif.

5. Vous savez bien qu'au cours des dernières décennies ce sacrement a été marqué, pour plus d'un motif, par une certaine crise. C'est précisément pour affronter cette crise que fut réuni en 1984 un Synode, dont les conclusions furent synthétisées dans l'exhortation apostolique post-synodale Reconciliatio et paenitentia.

Il serait naïf de penser que la pratique plus intense du sacrement du pardon au cours de l'Année jubilaire constitue à elle seule la preuve d'une inversion de tendance désormais acquise. Mais il y a eu là un signal encourageant. Il nous pousse à reconnaître que les exigences profondes de l'esprit humain, auxquelles répond le dessein de salut de Dieu, ne peuvent pas être effacées par des crises temporaires. Il faut recevoir comme une indication d'en haut ce signal jubilaire et en faire le motif d'une nouvelle audace pour proposer à nouveau le sens et la pratique de ce sacrement.

6. Mais ce n'est pas tellement sur le problème pastoral que je veux m'attarder. Le Jeudi saint, journée spéciale de notre vocation, nous invite à réfléchir surtout sur notre « être » et en particulier sur notre chemin de sainteté. C'est de ce dernier que découle aussi l'élan apostolique.

Eh bien, en regardant le Christ lors de la dernière Cène, en le voyant se faire « pain rompu » pour nous, se pencher en humble service aux pieds des Apôtres, comment ne pas éprouver, avec Pierre, le même sentiment d'indignité devant la grandeur du don reçu? « Tu ne me laveras pas les pieds, non, jamais! » (Jn 13, 8). Pierre avait tort de refuser le geste du Christ. Mais il avait raison de s'en sentir indigne. Il est important, en cette journée par excellence de l'amour, que nous sentions la grâce du sacerdoce comme une surabondance de miséricorde.

Est miséricorde l'absolue gratuité avec laquelle Dieu nous a choisis: « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis » (Jn 15, 16).

Est miséricorde la condescendance avec laquelle il nous appelle à œuvrer comme ses représentants, tout en nous sachant pécheurs.

Est miséricorde le pardon qu'il ne nous refuse jamais, pas plus qu'il ne le refusa à Pierre après le reniement. Pour nous aussi vaut l'affirmation selon laquelle « il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion » (Lc 15, 7).

7. Redécouvrons donc notre vocation comme « mystère de miséricorde ». Nous voyons dans l'Évangile que c'est précisément dans cette attitude spirituelle que Pierre reçoit son ministère spécial. Son histoire est exemplaire pour tous ceux qui ont reçu la charge apostolique, dans les différents degrés de l'Ordre.

La pensée se tourne vers la scène de la pêche miraculeuse telle qu'elle est décrite dans l'Évangile de Luc (5, 1-11). Jésus demande à Pierre un acte de confiance en sa parole, l'invitant à avancer au large pour pêcher. Demande humainement déconcertante: comment le croire après une nuit blanche et épuisante, passée à jeter les filets sans aucun résultat? Mais essayer à nouveau « sur la parole de Jésus » change tout. Les poissons se précipitent en masse, jusqu'à rompre les filets. La Parole dévoile sa puissance. Cela engendre la stupéfaction, et en même temps la crainte et le tremblement, comme lorsqu'on reçoit à l'improviste un puissant faisceau de lumière qui met à nu toute limite personnelle. Pierre s'exclame: « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur » (Lc 5, 8). Mais il a à peine fini d'exprimer sa confession que la miséricorde du Maître se fait pour lui début de vie nouvelle: « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes qui tu prendras » (Lc 5, 10). Le « pécheur » devient ministre de la miséricorde. De pêcheur de poissons à « pêcheur d'hommes! ».

8. Chers prêtres, ce mystère est grand: le Christ n'a pas eu peur de choisir ses ministres parmi les pécheurs. N'est-ce pas là notre expérience? Il reviendra encore à Pierre d'en prendre plus vivement conscience dans son dialogue émouvant avec Jésus après la résurrection. Avant de lui conférer la charge pastorale, le Maître pose la question embarrassante: « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci? » (Jn 21, 15). Celui qui est interpellé est celui-là même qui quelques jours plus tôt l'a renié à trois reprises. On comprend bien le ton humble de sa réponse: « Seigneur, tu sais tout: tu sais bien que je t'aime » (ibid., v. 17). C'est en fonction de cet amour conscient de sa fragilité, amour professé avec autant de tremblement que de confiance, que Pierre reçoit le ministère: « Sois le berger de mes agneaux », « sois le pasteur de mes brebis » (ibid., vv. 15.16.17). C'est en fonction de cet amour, fortifié par le feu de la Pentecôte, que Pierre pourra accomplir le ministère reçu.

9. N'est-ce pas aussi au cœur d'une expérience de miséricorde que naît la vocation de Paul? Personne n'a ressenti autant que lui la gratuité du choix du Christ. Son passé de persécuteur acharné de l'Église sera toujours une brûlure en son esprit: « Moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé Apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu » (1 Co 15, 9). Et pourtant, loin de réduire son enthousiasme, ce souvenir lui donnera des ailes. Plus on a été entouré par la miséricorde, plus on sent le besoin d'en témoigner et d'en rayonner. La « voix » qui l'atteint sur le chemin de Damas le porte au cœur de l'Évangile, et elle le lui fait découvrir comme amour miséricordieux du Père qui se réconcilie le monde dans le Christ. À partir de là, saint Paul comprendra également le service apostolique comme ministère de réconciliation: « Tout cela vient de Dieu: il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation. Car c'est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui; il effaçait pour tous les hommes le compte de leurs péchés, et il mettait dans notre bouche la parole de la réconciliation » (2 Co 5, 18-19).

10. Chers prêtres, les témoignages de Pierre et de Paul contiennent de précieuses indications pour nous. Ils nous invitent à vivre avec le sens d'une infinie gratitude le don du ministère: nous n'avons rien mérité, tout est grâce! L'expérience des deux Apôtres nous invite en même temps à nous abandonner à la miséricorde de Dieu, pour lui remettre nos fragilités avec un sincère repentir, et reprendre avec sa grâce notre chemin de sainteté. Dans la lettre Novo millennio ineunte, j'ai indiqué l'engagement à la sainteté comme le premier point d'un sage « programme » pastoral. C'est l'engagement fondamental de tous les croyants, à plus forte raison le nôtre (cf. nn. 30-31)!

À cette fin, il est important pour nous de redécouvrir le sacrement de la Réconciliation comme moyen fondamental de notre sanctification. Nous approcher d'un frère prêtre pour lui demander l'absolution que nous-mêmes donnons tant de fois à nos fidèles nous fait vivre cette grande et consolante vérité: avant même d'en être les ministres, nous sommes les membres d'un unique peuple, un peuple de « sauvés ». Ce que disait saint Augustin de sa charge épiscopale vaut aussi pour le service presbytéral: « Ce que je suis pour vous me terrifie, mais ce que je suis avec vous me console: car pour vous je suis évêque, avec vous, je suis chrétien. Le premier titre est celui d'une charge, le second, d'une grâce. Celui-là désigne le péril, celui-ci, le salut » (Serm. 340, 1). Il est beau de pouvoir confesser nos péchés, et d'entendre la parole qui est comme un baume qui nous inonde de miséricorde et nous remet en chemin. Seul celui qui a ressenti la tendresse de l'étreinte du Père, telle que l'Évangile la décrit dans la parabole de l'enfant prodigue — « il courut se jeter à son cou et il le couvrit de baisers! » (Lc 15, 20) —, seul celui-là peut transmettre aux autres la même chaleur, quand de destinataire du pardon il en devient le ministre.

11. Demandons donc au Christ, en cette sainte journée, de nous aider à redécouvrir pleinement, pour nous-mêmes, la beauté de ce sacrement. Jésus lui-même n'a-t-il pas aidé Pierre dans cette découverte? « Si je ne te lave pas, tu n'auras point de part avec moi » (Jn 13, 8). Bien sûr, à ce moment-là Jésus ne se référait pas directement au sacrement de la Réconciliation, mais d'une certaine manière il l'évoquait, faisant allusion au processus de purification que sa mort rédemptrice allait engager et que l'économie sacramentelle allait appliquer aux individus dans la suite des siècles.

Ayons donc recours avec assiduité, chers prêtres, à ce sacrement, pour que le Seigneur puisse purifier constamment notre cœur en nous rendant moins indignes des mystères que nous célébrons. Appelés à rendre présent le visage du Bon Pasteur, et donc à avoir le cœur même du Christ, nous devons, plus que les autres, faire nôtre l'intense supplication du psalmiste: « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit » (Ps 50, 12). Le sacrement de la Réconciliation, irremplaçable pour toute vie chrétienne, se présente aussi comme soutien, orientation et remède de la vie sacerdotale.

12. Le prêtre qui fait pleinement l'expérience joyeuse de la réconciliation sacramentelle trouve tout naturel de redire à ses frères les paroles de Paul: « Nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20).

Si la crise du sacrement de la Réconciliation, que je viens de mentionner, dépend de multiples facteurs — de l'amoindrissement du sens du péché à la perception appauvrie de l'économie sacramentelle par laquelle Dieu nous sauve —, nous devons peut-être reconnaître que parfois a pu jouer aussi en défaveur du sacrement un certain affaiblissement de notre enthousiasme ou de notre disponibilité dans l'exercice de ce ministère exigeant et délicat.

Il faut au contraire et plus que jamais le faire redécouvrir au peuple de Dieu. Il est nécessaire de dire avec fermeté et conviction que le sacrement de Pénitence est la voie ordinaire pour obtenir le pardon et la rémission des péchés graves commis après le baptême. Il est nécessaire de célébrer le sacrement le mieux possible, dans les formes liturgiques prévues, pour que soit pleinement conservé son caractère de célébration de la miséricorde divine.

13. Pour nous rendre confiance dans la possibilité d'une reprise de ce sacrement, il y a non seulement une nouvelle urgence de vie spirituelle qui, malgré bien des contradictions, refait surface dans beaucoup de milieux sociaux, mais aussi le vif besoin de rencontres interpersonnelles, qui s'affirme peu à peu chez beaucoup de personnes en réaction à une société anonyme et massificatrice, qui condamne souvent à l'isolement intérieur même quand elle entraîne dans un tourbillon de relations professionnelles. Assurément, on ne doit pas confondre la confession sacramentelle avec la pratique d'un soutien humain ou d'une thérapie psychologique. Toutefois il ne faut pas sous-estimer le fait que, bien vécu, le sacrement de la Réconciliation joue sûrement aussi un rôle « humanisant », qui se conjugue tout à fait avec sa valeur première de réconciliation avec Dieu et avec l'Église.

Il est important que, de ce point de vue aussi, le ministre de la réconciliation accomplisse bien sa charge. Sa capacité d'accueil, d'écoute, de dialogue, sa disponibilité jamais démentie, sont des éléments essentiels pour que le ministère de la réconciliation puisse se manifester dans toute sa valeur. L'annonce fidèle, sans jamais aucune réticence, des exigences radicales de la Parole de Dieu doit toujours s'accompagner d'une grande compréhension et d'une grande délicatesse, à l'imitation de l'attitude de Jésus envers les pécheurs.

14. Il faut aussi donner toute son importance à la forme liturgique du sacrement. Le sacrement prend place dans la logique de communion qui caractérise l'Église. Le péché lui-même ne se comprend pas à fond si on le considère seulement comme une affaire « privée », oubliant qu'il concerne inévitablement la communauté entière et qu'il diminue son degré de sainteté. À plus forte raison, le don du pardon, dont la logique sacramentelle repose sur l'union profonde qui subsiste entre le Christ Tête et ses membres, exprime un mystère de solidarité surnaturelle.

Faire redécouvrir cet aspect de « communion » du sacrement, notamment à travers des liturgies pénitentielles communautaires qui se concluent par la confession et l'absolution individuelles, est d'une grande importance, car cela permet aux fidèles de mieux percevoir la double dimension de la réconciliation et les engage davantage à vivre leur chemin pénitentiel dans toute sa richesse régénératrice.

15. Reste par ailleurs le problème fondamental d'une catéchèse sur le sens moral et sur le péché, qui fasse prendre plus clairement conscience du caractère radical des exigences évangéliques. Il existe malheureusement une tendance minimaliste qui empêche que le sacrement porte tous les fruits souhaitables. Pour beaucoup de fidèles, la perception du péché n'est pas mesurée à l'aune de l'Évangile, mais à celle des « lieux communs », de la « normalité » sociologique, qui laisse penser que l'on n'est pas particulièrement responsable de ce que « tout le monde fait », encore moins si c'est légalisé sur le plan civil.

L'évangélisation du troisième millénaire doit résoudre la question de l'urgence d'une présentation vivante, complète, exigeante, du message évangélique. Le christianisme que l'on doit viser ne peut se réduire à un médiocre engagement à vivre honnêtement selon des critères sociologiques, mais il doit tendre véritablement à la sainteté. Nous devons relire avec un nouvel enthousiasme le chapitre V de Lumen gentium, qui traite de la vocation universelle à la sainteté. Être chrétien signifie recevoir un « don » de grâce sanctifiante qui ne peut pas ne pas se traduire par un « engagement » à y répondre personnellement dans la vie quotidienne. Ce n'est pas par hasard que j'ai cherché toutes ces années à promouvoir à une plus grande échelle la reconnaissance de la sainteté, dans tous les milieux où elle s'est manifestée, afin que puissent être offerts à tous les chrétiens de multiples modèles de sainteté, et que tous se rappellent qu'ils y sont personnellement appelés.

16. Chers frères prêtres, allons de l'avant dans la joie de notre ministère, sachant que nous avons à nos côtés Celui qui nous a appelés et qui ne nous abandonne pas. Que la certitude de sa présence nous soutienne et nous console!

À l'occasion du Jeudi saint, nous sentons encore plus vivement sa présence lorsque nous nous mettons en contemplation émue de l'heure où Jésus, au Cénacle, s'est donné lui-même à nous sous le signe du pain et du vin, anticipant sacramentellement le sacrifice de la Croix. L'an dernier, j'ai voulu vous écrire du Cénacle même, à l'occasion de ma visite en Terre sainte. Comment oublier ce moment émouvant? Je le revis aujourd'hui, non sans tristesse pour la situation si tourmentée dans laquelle continue de plonger la terre du Christ.

Notre rendez-vous spirituel pour le Jeudi saint est encore là, au Cénacle, tandis que, réunis autour des Évêques, dans les cathédrales du monde entier, nous vivons le mystère du Corps et du Sang du Christ et que nous faisons mémoire avec reconnaissance des origines de notre sacerdoce.

Dans la joie du don immense qu'ensemble nous avons reçu, je vous embrasse tous et je vous bénis.

Du Vatican, le 25 mars 2001, quatrième Dimanche de Carême, en la vingt-troisième année de mon pontificat.

JEAN-PAUL II

Questions sur la réincarnation...


                                      Le 18 Février 2008

Humanisme Chrétien
à la lumière du TAO

Chers amis en Christ,

" La température extérieure était de - 20°C. La glace recouvrait les murs de sa cellule qui était ouverte au vent. Il était condamné à mourir de froid. Sans les vêtements d'hiver qui lui avaient été enlevés, il se paralysait progressive-ment.
Soudain, il lui sembla qu'une chaleur se répandait dans la pièce : " Je sentis le contact d'une main de femme ". Il ouvrit les yeux et vit la Vierge.

Marie lui dit : " Tu m'as appelé, je suis venue. Tu ne crois pas que ce soit moi. Mais c'est moi. Tu m'as appelée dans tes prières quotidiennes et je suis venue à toi. "
Le corps de Josyp était maintenant réchauffé d'un coup. " Tu ne quitteras pas cette prison de sitôt, tu n'as fait que la moitié du chemin, mais ne t'inquiète pas, car je serai toujours avec toi.
Tu as encore beaucoup d'années de prison et de souffrance devant toi ".

Marie reprit : " Les Ukrainiens devront aussi se repentir. Vous êtes un peuple infortuné parce que vous vous aimez peu les uns les autres. Vous consacrez vos forces, les meilleures, à des buts impies... Prie et travaille pour la conversion de la Russie au Christ Roi. Ne perds pas la foi. Le monde est froid et sans âme comme avant le déluge " (Yves Chiron, op. cit., p. 281 et s.).

Comme Marie le lui avait dit, Josyp TERELYA fut libéré en 1976, emprisonné de nouveau un an plus tard et enfin définitivement libéré le 5 février 1987. Évidemment pour le KGB, il fut un cas typique de superstitions religieuses. Finalement la perestroïka de Gorbatchev lui permit, ainsi qu'à d'autres voyants, d'accéder à une paix sociale leur permettant de vivre en priant pour la conversion de la Russie telle qu'elle apparaît de nos jours en ce début du XXIème siècle.

Nous avons souvent une envie démesurée d'avoir des amis qui cautionnent nos choix, surtout quand notre conscience frappe à notre cœur. A l'inverse, quand nous faisons des choix qui ne sont pas ceux que nos proches partagent, nous entrons, de fait, dans un désert aride dont nous pouvons parfois percevoir la parenté avec celui du peuple hébreux quand il s'écarta du confort égyptien et surtout avec celui du Christ qui eût l'extrême douleur d'être trahi par l'un de ses disciples. Nous aurions tort cependant de croire que nous n'avons pas d'autres "Moïses" pour nous replacer dans le bon chemin.

Replaçons-nous dans le contexte de la Passion aussi souvent que possible :

"Jésus revint du mont des Oliviers, où il avait passé la nuit comme il l'avait déjà fait antérieurement. C'était le premier jour des pains sans levain, où l'on devait tuer et manger l'Agneau pascal. Les disciples vinrent à Jésus et lui dirent : Où veux-tu que nous préparions ce qu'il faut pour manger la Pâque ? Il leur répondit : Allez à la ville et vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau ; suivez-le dans la maison ou il entrera, et dites au maître de la maison : Mon temps est proche, le Maître t'envoie demander : Où est le lieu où je mangerai la Pâque avec mes disciples ? Et il vous montrera une grande chambre haute toute meublée ; préparez-y la Pâque. Eux donc, s'en étant allés, trouvèrent les choses comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. Et quand l'heure fut venue, il se mit à table et les douze avec lui. La fête de Pâque avait été instituée en mémoire de la sortie des enfants d'Israël hors d'Égypte. Cet événement était une prédiction de la délivrance opérée par le Christ. Pour affranchir les Israélites de la servitude d'Égypte, Dieu envoya l'ange exterminateur, qui frappa tous les premiers-nés de ce pays. Afin de préserver les enfants d'Israël de ce fléau, l'Éternel leur commanda d'immoler un agneau d'un an, sans défaut, d'arroser de son sang les poteaux et les linteaux de leurs portes, et d'en manger la chair en famille. Ils devaient prendre ce repas les reins ceints, les souliers aux pieds, le bâton à la main comme des voyageurs prêts à partir. Partout où l'ange exterminateur verrait les poteaux et les linteaux des portes teints de sang, il devait passer outre sans frapper. C'est pourquoi on appela l'agneau dont le sang avait procuré cette faveur, l'agneau pascal. Notre agneau pascal, c'est Christ.
Car si Dieu n'a pas épargné son Fils, c'est afin que tous ceux dont le cœur serait arrosé de son sang fussent préservés de la colère éternelle.

La manière dont Jésus envoie ses disciples pour préparer la Pâque, rappelle son entrée triomphale à Jérusalem, et l'ordre qu'il donna à ses disciples de lui amener l'ânesse. Maintenant, comme alors, il manifeste sa toute science divine. Quelle immense faveur a été accordée à ce maître de maison, auquel il a été donné d'héberger le Sauveur pour son dernier repas ! Qui ne répéterait les paroles du pasteur Kober lorsqu'il disait : " Il faut que mon cœur soit un hôtel qui ne soit pas ouvert à tous. J'inscrirais sur l'enseigne : À un seul et à nul autre. " - " Jésus prit son repas pascal seul avec ses disciples. Il n'y invita ni le maître de la maison ni aucun des habitants.
Le service qui consistait dans le lavage des pieds traditionnel, devait être rendu par l'un des disciples. Mais lequel s'en chargerait ? Or, il s'éleva une contestation entre eux pour savoir lequel était le plus grand. Aucun d'eux ne voulait être le plus petit. Aucun ne voulait rendre à l'autre ce service d'esclave. Jésus vit cette disposition et se leva pour montrer à ses disciples que l'amour ennoblit les plus humbles fonctions. Il leur dit : J'ai fort désiré manger cette Pâque avec vous avant que je souffre. C'est par ces paroles que Jésus ouvrit le repas. Quelle douleur il dut ressentir en entendant parmi ses disciples cette contestation pour la priorité, qui l'avait déjà si souvent affligé ! Dans une autre occasion, il avait tenté de faire comprendre à ses disciples, en plaçant un petit enfant au milieu d'eux, combien une telle ambition était honteuse. Maintenant il veut essayer d'arriver au même résultat en leur donnant une preuve personnelle de son amour. Comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin. Il les a aimés et il nous a aimés de tout temps, et son amour se renouvelle chaque matin. C'est ce que nous voulons graver dans nos cœurs.

Lorsque le péché nous parait extraordinairement grave ; lorsque nos pensées s'accusent entre elles et que notre cœur nous condamne, alors il nous semble impossible que Jésus puisse aimer d'aussi grands pécheurs. Eh bien ! même alors nous pouvons cependant croire à son amour, car cet amour est fidèle. Il nous aime malgré nos péchés et pour nous délivrer de nos péchés. Le fondement de notre foi et de notre joie, c'est que chacun peut se dire: Jésus m'aime.

Au moment où le Seigneur se lève et s'approche de ses disciples, il élève ses regards vers le Père. Il assume le service de la charité avec une pleine conscience qu'il était venu de Dieu et s'en allait à Dieu, et que le Père lui avait remis toutes choses entre les mains. En venant de Dieu, il n'a pas abandonné Dieu, et en retournant à Dieu, il ne nous a pas abandonnés. Le Fils de Dieu, qui est dans le sein du Père et qui se prépare à s'asseoir sur son trône éternel à la droite du Père, celui-là va laver les pieds de ses disciples. Tandis que les anges se disposent à l'accueillir avec une sainte joie ; tandis que le cœur du Père s'élance au-devant de son Fils venant reprendre possession de sa gloire ; tandis que le prince de ce monde, avec une grande puissance et beaucoup de ruse, combat contre le Fils afin de l'empêcher de sauver l'humanité pécheresse, il montre à ses disciples son ancien amour et son ancienne bonté.

Il ôta sa robe (le vêtement de dessus), et ayant pris un linge, il s'en ceignit. Ensuite il mit de l'eau dans un bassin et se mit à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Les disciples durent être extrêmement étonnés en voyant Jésus s'agenouiller devant chacun d'eux pour lui laver les pieds. Cependant ils le laissèrent faire sans rien lui dire. Il vint donc à Simon Pierre qui lui dit : Toi, Seigneur, tu me laverais les pieds ! Jésus lui répondit : Tu ne comprends pas maintenant ce que je fais, mais tu le comprendras dans la suite. Lorsque nous reconnaissons dans nos souffrances une croix qui nous est imposée par le Seigneur, nous les supportons facilement. Lorsque nous ne discernons pas la main du Sauveur, elle nous paraît doublement lourde. Pierre aurait bientôt compris l'acte de Jésus, s'il avait voulu attendre quelques minutes.

Pierre ne fait pas attention à ce que le Seigneur lui dit, et s'écrie : Tu ne me laveras jamais les pieds ! Jésus lui fait comprendre alors que le service d'amour qu'il veut lui rendre, a une signification plus profonde que celle qu'on attribue ordinairement à cet acte ; que ce qu'il fait à son corps est une image de ce qu'il veut faire à son âme. Il lui dit : Si je ne te lave, tu n'auras point de part avec moi. C'est là le point essentiel du Christianisme : Jésus veut laver nos âmes.

Pierre change subitement de sentiments. Si, pour avoir une part avec le Seigneur, il faut se laisser laver par lui, alors, Seigneur, s'écrie-t-il, non seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête. Cette fois le Seigneur est obligé de mettre un frein à l'empressement de Pierre. Il lui dit : Celui qui est lavé n'a pas besoin, sinon qu'on lui lave les pieds, puis il est entièrement net. Or, vous êtes nets.

Le Seigneur nous montre ici que nous avons besoin d'une double purification. Nous sommes complètement lavés dans le bain de la régénération : mais, par notre conduite ultérieure de chaque jour où nous nous trouvons en contact avec un monde pécheur, la poussière du péché s'attache de nouveau à nos pieds, et ainsi nous avons besoin que le Seigneur nous les lave chaque jour. Quoique nous nous rendions journellement coupables de nombreux péchés, il est disposé à nous les pardonner. - L'un et l'autre : le bain et le lavage des pieds, la purification dans le bain du baptême et la purification par le pardon quotidien de nos péchés sont l'œuvre de Christ, et elle s'opère par la seule puissance der son précieux sang répandu pour nous réconcilier avec Dieu (Apoc. I, 5). Au lavage des pieds des disciples avant l'institution, de la sainte Cène, correspondent la confession des péchés et l'absolution qui précèdent la participation à ce sacrement.


Or, vous êtes purs, mais non pas tous, car il savait quel était celui qui le trahirait. C'est pour cela qu'il dit : Vous n'êtes pas tous purs ; après donc qu'il leur eut lavé les pieds et qu'il eut repris sa robe, s'étant remis à table, il leur dit : Savez-vous ce que je vous ai fait ? C'est encore la question qu'il adresse à tous ceux qui se sont donnés à lui. Et si quelqu'un l'ignorait ou l'avait oubliée, il lui dirait : Je t'ai appelé depuis ta jeunesse. Lorsque la vie t'apparaissait encore comme un jeu, je t'ai attiré à moi. Lorsque tu t'es laissé captiver par les jouissances du monde, je t'ai barré le chemin. Lorsque tu t'es confié en moi, je t'ai consolé. Lorsque tu t'es de nouveau tourné vers les plaisirs terrestres, je t'ai parlé sérieusement ; je t'ai fait comprendre qu'un cœur partagé ne me suffit pas, et je t'ai pressé de prendre une décision. Lorsque tu as refusé de m'écouter, j'ai essayé de t'attirer à moi par l'affliction.

Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous dites vrai, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi qui suis le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Je vous ai donné un exemple afin que vous fassiez comme je vous ai fait. En vérité, en vérité, je vous dis que le serviteur n'est pas plus que son Maître, ni l'envoyé plus que celui qui l'a envoyé.

Ainsi le Seigneur veut que dans son royaume, les membres se servent les uns les autres avec une abnégation pleine d'amour. " Fais que je traite les autres comme tu m'as traité toi-même. " Nous ne devons pas seulement leur faire ce qu'il nous. a fait, mais comme il nous l'a fait. Et ici, il ne s'agit pas simplement de rendre des services dans les choses de la terre, mais surtout de supporter avec patience les faibles, de ramener avec douceur les égarés, d'exhorter avec amour ceux qui sont tombés, de prier fraternellement pour les âmes angoissées et brisées et de les consoler.

Si vous savez ces choses, vous êtes bien, heureux, pourvu que vous les pratiquiez. La science est bonne, mais la pratique vaut mieux. La science seule enfle. Je ne parle point de vous tous. Je sais qui sont ceux que j'ai choisis. Mais il faut que celle parole de l'Écriture soit accomplie. Celui qui mange le pain avec moi a levé le pied contre moi. Je vous l'ai dit dès à présent, avant que la chose arrive, afin que quand elle sera arrivée, vous me reconnaissiez pour ce que je suis.

Quand Jésus eut dit cela, il fut troublé en son esprit et dit ouvertement : En vérité, en vérité, je vous dis que l'un de vous me trahira. Et les disciples se regardaient les uns les autres, étant en peine de qui il parlait. Et chacun d'eux se mit à lui dire : Maître, est-ce moi ? Mais il répondit : Celui qui met la main au plat avec moi, c'est celui qui me trahira. Or, il y avait un des disciples, celui que Jésus aimait, qui était couché vers son sein. Simon Pierre lui fit signe de demander qui était celui dont il parlait. Lui donc, s'étant penché sur le sein de Jésus, lui dit : Seigneur, qui est-ce ? Jésus lui répondit : C'est celui auquel Je donnerai un morceau trempé. Et ayant trempé un morceau, il le donna à Judas Iscariot,

Pour ce qui est du Fils de l'homme, il s'en va selon ce qui est écrit de lui ; mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme est trahi. Il eût mieux valu pour cet homme de n'être jamais né. Et Judas qui le trahissait lui dit : Maître, est-ce moi ? Jésus lui répondit : Tu l'as dit. Et après que Judas eut pris le morceau, Satan entra en lui. Jésus donc lui dit : Fais au plus tôt ce que tu as à faire. Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il disait cela. Car quelques-uns pensaient que comme Judas avait la bourse, Jésus avait voulu lui dire : Achète ce qu'il faut pour la fête, ou donne quelque chose aux pauvres.

Après donc que Judas eut pris le morceau, il sortit : Or il était nuit. Dans le calice que Jésus devait vider, il n'a rien manqué de ce qu'un cœur d'homme peut expérimenter en fait d'ingratitude, de perfide fausseté, de profond mépris et de haine violente. Une cuisante douleur saisit le cœur de Jésus à la vue du traître. Il est sur le point de livrer sa vie à la mort pour l'humanité pécheresse, et de supporter les tourments de la condamnation.

Mais sa charité devait éprouver une douleur particulière en voyant une âme à laquelle il avait voué tous les soins de son amour et qui était restée fermée à toutes ses sollicitations. Il faut même qu'il dise : L'un de vous. La plus poignante douleur pour celui qui était trahi, c'est que le traître fût du nombre de ses disciples.

Lorsque le monde repousse Jésus, cela ne lui est assurément pas indifférent. Il pleure sur Jérusalem qui le rejette. Mais quelle immense douleur pour lui, lorsque du milieu de ceux qui mangent son pain et sont appelés à annoncer sa Parole, surgissent des traîtres, qui cherchent à renverser de fond en comble le trône de sa gloire, et à livrer le mystère du salut par le sang de la croix à la haine du monde ! Celui-ci aime la trahison ; mais il hait le traître. Pour Jésus, c'est justement le contraire. Il a en abomination la trahison, mais il aime le traître. C'est pourquoi il continue de frapper à la porte de son cœur, pour voir s'il ne se repentira pas et ne confessera pas sa faute.

Mais Judas se détourne du cœur de Jésus, et se donne, le sachant et le voulant, au prince des ténèbres. En revanche, les dispositions des autres disciples sont extrêmement réjouissantes. La terrible déclaration sortie de la bouche de Jésus les a profondément troublés. Ils se regardent les uns les autres, mais aucun d'eux n'ose croire l'autre capable d'un si horrible forfait. Ils ont parfaitement conscience que Jésus les aime, et ils reculent effrayés à la seule pensée d'une telle abomination. Cependant chacun d'eux sent aussi sa faiblesse, et il tremble à l'idée qu'à l'heure de la tentation, il pourrait faire cette terrible chute. Ils se défient d'eux-mêmes et se tournent vers le Sauveur, afin d'entendre de sa bouche cette consolante parole : " Sois tranquille, ce n'est pas toi ".



Ainsi les disciples sont bien disposés à participer à la sainte Cène qui va être instituée. Leurs cœurs sont pleins d'humilité, de repentance et du sentiment de leurs péchés. Toutefois, dans l'âme de l'un d'eux, il fait nuit, une nuit sombre, qui donne le frisson. Il ne veut plus entendre parler de l'amour de Jésus. Aussi le Sauveur le laisse-t-il suivre son propre chemin et ne cherche-t-il plus à entraver sa marche dans la voie de la perdition. C'est un terrible jugement, plus terrible que si la foudre avait frappé le traître. Judas se détourne de la personne lumineuse du Seigneur, des clartés de la communion des disciples, et s'enfonce dans les ténèbres du dehors. Il fait nuit, autour de lui et en lui, une nuit dans laquelle nul rayon de soleil ne luira pendant toute l'éternité".


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Si nous n'avons pas chaque jour la trouvaille d'une minute de remerciement gratuit pour celui qui a donné la vie à tout ce qui nous entoure, nous passons à côté d'une source qui peut nous rafraîchir le corps et la mémoire. Aussi, nous pouvons ritualiser nos actes quotidiens par amour de Dieu. Mais le rituel ne remplace pas la Foi, mais il peut le soutenir en faisant mémoire de la Cène. L'évangile nous replace dans un contexte tragique qui défie le temps quand Jésus-Christ nous dit qu'il sera avec nous jusqu'à la fin des temps. C'est l'Eucharistie qui embrasse nos vies dans leur pauvreté et les hisse avec le peuple de Dieu dans le royaume où les pauvres sont rois.


Comment se fait-il que le témoignage de Jésus-Christ soit vraiment le seul qui résiste aux propositions scabreuses des religiosités diverses diffusées parfois sans discernement à la surface de la Terre ? L'homme moderne est enclin à aller chercher des mélanges ou des illusions dans son Ego, par manque de maîtrise, comme il peut se jeter dans le mariage pour échapper à la solitude, ou échapper au mariage par la séparation, pour ne pas être touché par l'apprentissage de l'amour cordial, ou pour trouver une voie médiane plus rare, la voie étroite du désert qui le conduit à la solitude ascétique et à la découverte de lui-même, et de Dieu, au fond de sa cellule. Sa recherche s'est contentée parfois du peu et il peut mourir de soif à côté de la source, alors que l'œuvre du mauvais séducteur peut continuer à faire son travail à notre insu, en créant en nous une peur de l'autre. Nous voyons les résultats du mal, à côté d'actes héroïques qui ne se voient pas dans le quotidien.


Marthe ROBIN est l'une des rares saintes du dernier siècle à avoir vu La Vierge et Satan. Elle avait annoncé le Renouveau Charismatique dans l'Eglise Catholique, véritable Pentecôte d'Amour que beaucoup attendaient à l'heure des crises de vocations qui est véritablement "crise de la Foi". C'est donc ainsi que tout est soumis au Christ. Il est même dit que dans les enfers où les esprits damnés s'inclinent avec effroi devant le Seigneur, comme l'exprime Saint Thomas d'Aquin, le saint séraphique, dans son étude sur le " Pater Noster ".


Pour étayer les discussions sur les compromis que l'on serait tenté d'accepter sans prudence sur les options spirituelles hasardeuses, et dans une confusion ambiante des néo-théologies "New Age" qui proposent l'ère du verseau comme la plénitude et le printemps des temps nouveaux, prenons simplement l'exemple de Jack Kornfield célèbre aux Etats Unis pour ses recherches sur la parapsychologie. La transmission vigilante en matière de méditation et d'explorations des enseignements spirituels est l'essentiel de ses préoccupations. Comment transmettre ?


Cet auteur entre dans une volonté d'exigence qui répond à une éthique rigoureuse de la liberté individuelle et du libre arbitre. L'abbé Pierre suppliait les décideurs de tous ordres de laisser l'homme libre de ses choix intérieurs. Un homme qui prie le Dieu unique qui s'est révélé à Israël sur le mont Sinaî est un enfant de roi par héritage et un disciple du Christ. C'est donc librement qu'il donne son amour à Dieu. Cela échappe encore à de nombreux chercheurs du divin, religieux ou non, qui n'intègrent pas la gratuité du don de Dieu qui est inconditionnel.


Nous comprenons très vite avec cet auteur que nous pouvons devenir des apprentis sorciers ou pire, des manipulateurs et faire comme ceux qui font du tort à de trop nombreux adorateurs de Dieu aujourd'hui. Je confesse que j'ai été moi-même un mauvais conseiller et un dominateur, et je crois même avoir voulu obtenir un ascendant sur un Frère et sur des Frères, bien que les dons du Seigneur ne m'aient jamais manqué. 


J'ai compris effectivement qu'il est possible de trouver des comportements hérétiques (dans le sens originel du terme : qui se sépare d'un dogme ou d'une communauté de plein gré et sans contrainte) au sein même des églises orientales ou occidentales. Il est évident aussi que des religieux inconnus reçoivent la sagesse de Dieu à profusion souvent dans le désert de leur vie. Souvent dans une audace de la grâce, le passage puissant de Dieu fait histoire. Certaines souffrances évangélisent d'une façon lumineuse, d'autres restent stériles ou inconnues. Elles peuvent néanmoins témoigner de la présence et de l'action de Jésus-Christ ressuscité au sein même de toute épreuve, et si le martyr est une signature authentique de la présence de Dieu, la charité n'est pas moins, elle aussi, une vertu exceptionnellement fertile dans les petites choses divines.


Dans la prière, il peut y avoir une mémoire constante de la cène et c'est le grand secret des saints. La mise en croix est l'heure journalière de la Miséricorde. Le rendez-vous annuel de la Miséricorde ou dimanche qui suit Pâques, rend présente la kénose impensable de Dieu " Eucharistié ", et pour finir la " dixième heure ", celle où le cœur de Dieu est transpercé, est l'heure cosmique où Dieu déverse sur l'humanité par les sacrements la Miséricorde du Père. Voilà que nous trouvons enfin la réponse à la question d'Isaac au moment du sacrifice : < Père, où est l'agneau du sacrifice ? > Le sens de notre salut se trouve dans le cœur transpercé du Christ.


Alors, dans cette crainte filiale et le respect mutuel des Frères, beaucoup laissent une liberté quasi permanente à leurs "disciples" et s'interdisent même avec effroi une quelconque influence sur le "Frère" afin de laisser agir l'esprit de Dieu en toute quiétude, et de ne pas risquer de mettre un frein à la grâce qu'ils ne comprennent pas toujours avec leurs propres sens. Dans un monde qui recherche à tout prix la vitesse, certaines philosophies de combat trouvent le vrai sens des choses dans la contradiction de la lenteur, dans une stabilité incomprise et dans une harmonie pourtant étonnante. Je ne saurais dire combien j'adhère à ces philosophies qui aident le corps à mourir dignement de l'antique création pour entrer dans la seconde rétablie et transfigurée, celle de l'Amour.


L'attachement à nos propres vues est donc le plus souvent une illusion et une tentation. L'auteur précité, Jack Kornfield, parle d'une rencontre avec un moine chinois que beaucoup venaient voir pour sa compassion et sa componction. Il replaçait les esprits dans la paix et la lumière. Pourtant ce moine ne savait pas que la terre était ronde et il ne connaissait pas les courants religieux. Il était ignorant des satellites et du modernisme, des progrès de la civilisation. La sagesse du cœur était sa voie. Il est utile de se laisser fasciner par la candeur des auteurs spirituels chinois. Il semble même que l'alpha (le Verbe) avait déjà travaillé dans l'esprit de beaucoup, de Lao Tseu en particulier, sans doute.


Mais, je veux être reconnaissant à l'Eglise Catholique romaine qui m'a permis de rencontrer véritablement le Christ qui s'est manifesté concrètement dans ma vie pour sauver ce qui semblait perdu. L'Esprit-Saint. J'ai une profonde admiration pour Saint Thomas d'Aquin et quelque part, je reconnais un exceptionnel travailleur de Dieu. Ainsi, on avait pu l'appeler " Le Bœuf muet ". De grands malheurs vont fondre sur sa famille. Saint Thomas d'Aquin cache sa Foi extrêmement ardente. Il devient un polémiste redoutable pour garder saine sa Foi contre des doctrines subversives. Et ce qui apparaît comme étonnant, c'est qu'il sera dénommé " pugiliste de la Foi ". Il croit volontiers en autrui et ne soupçonne jamais le mal sans preuves formelles. La Foi cherche à comprendre. Eclairée par la raison, elle garde son authenticité. Saint Thomas tenait pour une félonie d'abandonner en faveur de la raison quelque chose de la Foi.

Il n'en demeure pas moins que Tomas garde comme seule condition de ne pas affirmer comme de Foi ce qui ne serait pas de la Foi ou comme prouvé par la raison. A la lumière de la Foi, Thomas restera le plus fidèle et le plus intelligent des philosophes de son temps. Et devant l'Eucharistie, il a ces mots avant de mourir : " Je te reçois, prix de la rédemption de mon âme, viatique de mon pèlerinage, pour l'amour de qui j'ai étudié, j'ai veillé, je me suis épuisé. Je n'ai jamais rien dit contre toi. Mais si jamais par ignorance je l'ai fait, je laisse tout à la correction de l'Eglise romaine dans l'obéissance de laquelle je quitte cette vie ".


J'ai trouvé d'autres églises qui ont bénéficié de la transmission apostolique primordiale : tout cela doit être respecté sans mesure et peut-être au delà des erreurs dogmatiques. Pourquoi ? Je pense que la qualité et la sincérité du cœur l'emporte sur tous les dogmatismes. Un cœur généreux et honnête attirera la grâce devant tous les monstruosités du monde. C'est pourquoi le cœur charitable obtient tout du Dieu vivant. Prions Saint Thomas par communion avec son amour de la liturgie " sacrement de l'unité " pour que le monde occidental se penche vers les plus pauvres. 





Question existentielles ?

Une anecdote du même auteur, Jack Kornfield, parle d'une maman qui, manifestement, ne pouvait pas répondre aux questions existentielles de ses enfants. Elle priait. Un jour, la vierge Marie est venue lui dire qu'il lui suffisait d'aimer ses enfants de tout son cœur. La simplicité mariale donne toujours des raccourcis phénoménaux et il est même dit que Marie vient à bout des hérétiques les plus hardis. Nous ne pouvons pas nous tromper avec cette maman, nous dit Saint Bernard. Si nous contemplons les écritures, nous remarquons que Dieu se manifeste dans nos vies par le réel. Ainsi, beaucoup de chinois chrétiens regardent vers la France car ils savent que l'Eucharistie est célébrée dans notre pays. Ils communient par désir. Ne l'oublions pas. Nous avons donc à communier avec le monde avec grande responsabilité, en cherchant à approfondir nos convictions.


Saisissons nous aussi de cette réponse de Saint Michel qui disputait le corps de Moïse (Epître de Jude) avec Satan : " Que le Seigneur te réprime " ( Saint Jude 1-9 ). Ainsi, j'ai  appris de la part d'un exorciste de renom que le fait de vouloir affronter le mal lui donne plus de forces, et qu'il convenait mieux de prier dans la cellule de son cœur pour l'augmentation du bien par la louange et la bénédiction. Je me rends compte que nous avons besoin de réconfort, tous, dans le chemin que nous prenons.
Mais il se peut qu'une personne cherche à faire cautionner ses choix par le grand nombre en voulant s'adjoindre des disciples. Cela n'est pas anodin. C'est là une souffrance d'être seul, une voie douloureuse qui explique aussi la compassion du Christ : " Quand deux ou trois sont réunis en mon nom…je suis au milieu d'eux ". C'est pourquoi la vie d'ermite ne peut pas vraiment se faire seul.   
 


Ecoutons la prière de Syméon qui est chantée par l'Eglise tous les soirs. Nous sommes émerveillés par la simplicité et la force de ce témoignage biblique : " Maintenant, Ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : Lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. Gloire au Père, au fils, et au Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen ".
Le deuxième Big Bang du réalisme chrétien est fécond car l'incarnation du verbe accomplit les écritures. Mais il semble inconnu aux grands esprits ! Il est donc évident que les théologies qui ne réconcilient pas l'ancien et le nouveau testament ne peuvent qu'imaginer un salut qui viendrait de l'homme seul, dans un cycle d'efforts karmiques, en ne prenant plus en compte l'origine des phénomènes divins.   


Pour aborder sérieusement ce thème sensible qui est source de débats théologiques importants, prenons l'exemple de Dennis Gira, professeur à l'Institut Catholique de Paris. Il a été reconnu meilleur spécialiste du bouddhisme dans la littérature américaine. Nous nous efforçons de donner une place à cette spiritualité ou religion ? Dennis Gira affirme être un peu étonné de voir que la plupart des étudiants lui demande de se prononcer sur les rapports entre la réincarnation et la résurrection. Il a toujours refusé de se prononcer sur ce sujet lors des conférences, et répond cependant à cette invitation dans un livre " Le Lotus ou la Croix ". Le bouddhisme occidental n'a rien à voir avec le bouddhisme oriental, dit-il. Cette réponse sage est en somme la mienne, comme le confirme aussi le Père Debruyne.
Pour ma part, je m'en tiendrai à ce que j'ai compris des enseignements de l'Ecole Française de spiritualité : " Soyez saints là où vous êtres plantés ", c'est à dire nos familles. Et pour tout ce qui faisait mes angoisses, le grand Saint-François de Salles est venu me donner une clef infaillible : La charité.


En fait, le professeur GIRA nous dit que le "samsara " ou cycles des naissances n'a rien à voir avec l'idée de réincarnation dans le monde occidental. En fait, il fait une distinction entre la pluralité des vies, distincte de la palingénésie, la métempsychose ou la métensomatose. Un grand auteur spirituel nous dit pour lui-même que le salut réside dans notre capacité à accepter la mémoire de notre origine.


Mais revenons sur les conceptions théologiques cycliques, nommées karmiques.

On peut dire que Platon est le Père des réincarnationistes en Occident. Dans son dialogue avec Ménon, il dit : " Sache le, que l'âme est immortelle, et que tantôt elle aboutit à un terme, la mort, mais que jamais elle n'est anéantie. Voilà pourquoi dans le cours d'une vie, il faut vivre le plus saintement possible ". A priori, tout cela est cohérent.


Donc, à partir de ces clefs se sont construits plusieurs courants modernes :

Les théosophes : Ce sont les néo-platoniciens qui le plus souvent prônent des enseignements au sein de sectes occultistes et ésotériques. Leur devise pourrait être : " Nous ne sommes attachés à aucune philosophie mais récoltons ce qui est bon partout où cela est possible ".

Les antroposophes assez proches des théosophes, dont ils refusent la position anti-chrétienne, forme un courant spirituel qui est une tentative de réconciliation entre les courants ésotériques et le christianisme. Ils vont introduire en Occident la notion hindoue du Karma.

Les spirites ont une vision plus vaste et considère que Dieu est un être personnel. L'âme est incarnée dans un corps qui n'est qu'une enveloppe. L'esprit est un être bien réel qui entre dans une hiérarchie bien définie. L'incarnation est soit une expiation, soit une mission.

Ces trois courants se côtoient à côté des grandes religions monothéistes. Par exemple, le premier se base sur la palingénésie qui est une renaissance présentée par les stoïciens comme une régénération périodique du monde.

Le deuxième courant très proche de l'hindouisme s'appuie sur la métem-psychose qui est une animation en succession de l'âme ou transmigration dans les espèces. Le terme date du 1er siècle avant Jèsus-Christ.

Un troisième courant moins connu croit à la métem-somatose qui désigne une incorporation successive selon le principe spirituel d'un être unique. Les bouddhistes en Inde parlent d'une prison karmique inscrite dans une errance dans le monde des " esprits affamés ".


La question de la réincarnation vue par les occidentaux est donc relativement récente et fortement liée à la responsabilité, à l'obligation de répondre aux conséquences de son comportement. Cela pourrait tendre à la culpabilisation, ou à la paralysie chronique si la peur de mal faire se spiritualise dans cette acceptation d'une loi incontournable et naturellement redoutable. Mais curieusement, ceux qui cherchent à plaider pour la vision ré-incarnationiste du monde sont confrontés presque de force à ceux qui ont Foi en la résurrection. Les arguments ne manquent pas, ni d'un côté ni de l'autre. Les racines bibliques qui nourrissent les divers tendances ré-incarnationistes sont le dialogue de Jésus avec Nicodème, la réponse de Jésus sur la personne de Jean-Baptiste et la question d'Elie qui est monté au Ciel vivant. (Jean 3,1-21 Luc 9,7-8 Luc 9,7-9).


Nous le voyons, tout moyen peut être utilisé pour appuyer les deux voies, sans que nous soyons vraiment apaisés sur le sujet. Jésus-Christ nous a dit en clef de vie : " Cherchez le royaume de Dieu en premier. Le reste vous sera accordé par surcroît ". J'ai eu cette expérience de veilleur où j'ai guetté et vécu de la parole de Dieu. Il m'a tout enseigné et il m'a montré tout ce que mon âme cherchait à comprendre de ma pauvre vie. Nous ne pouvons recevoir vraiment Dieu que dans la pauvreté et le dépouillement. Pourquoi ?  Parce que  la nature de Dieu est autre, et ne se communique que dans un détachement des choses et dans la pauvreté évangélique.
 

Nous pouvons vivre de la Parole de Dieu et connaître aussi une nuit de la Foi. Le Seigneur a donné une place primordiale à la liberté et selon les conseils reçus par différents accompagnateurs, j'ai donné une place irremplaçable à Marie, nouveau temple de la Jérusalem céleste pour ceux qui le comprennent ainsi. Ce qui m'a été donné de comprendre, c'est que l'intercession Mariale est unique, puissante et sans commune mesure avec les autres saints. Pourquoi ? Dans nos prières méditatives à Marie, il n'y a pas de place au refus d'exaucement. Marie est le " Oui " incarné et l'achèvement de l'attente du peuple de Dieu.



Une voie du mal est proposée à l'homme : Elle consiste à choisir ce qui n'est pas le prochain. Satan va chercher encore à déstabiliser l'humain, le couper de ses racines en lui disant cette phrase biblique : " Le Seigneur est ici, le Seigneur est là-bas ".


Jésus est déjà là pour objecter : " N'y allez pas ". Cette sagesse et cette prudence m'a été inspirée au sein de la voie martiale, le satori éveillé.



Un homme qui a choisi une voie spirituelle dont il sait dans l'ombre qu'elle peut être fausse, c'est-à-dire qu'il n'a pas choisie en vérité, va chercher à se rallier des compagnons faibles ou des identitaires sophistes. Quoi de plus humain et naturel ! Mais l'intériorité nécessite à faire taire ses opinions, ses choix, ses tendances et à marcher toujours sans regarder en arrière pour trouver la contemplation de l'être divin dans chaque seconde et à se purifier de tout compromis. Voilà la voie royale.


Je me suis donc inspiré de la technique du bushido pour déjouer les tentations du retour en arrière, une sorte de choix de vie tirée vers l'avant.


Ainsi donc, Maître UESHIBA, fondateur de l'Aïkido, visité par la Vierge au seuil d'une mort qu'il croyait inévitable, donne ce conseil : " Le sage use de son esprit comme d'un miroir. Il ne refuse pas les choses qui se présentent, mais il ne va pas au devant d'elles. Il y répond sans les retenir ". La perfection pour ce grand Maître est : " Il répond aux autres sans rien cacher. Il triomphe des êtres sans être blessé ". Ainsi, le Seigneur donne des épreuves pour affermir le sage et il augmente une crainte filiale et donne la force et la victoire finale. Alors, pour conquérir cet espace, il faut traverser le néant dans le concret et entrer dans le vide. C'est le mouvement de la vacuité que développe la voie martiale asiatique, celle que j'ai utilisée. 


Mes expériences passées appartiennent au Seigneur. Le monde d'aujourd'hui nécessite un combat de chaque instant. Il n'y a pas d'amis qui sortent de ma prière et j'espère pouvoir agir avec compassion avec ceux que le Seigneur m'a donnés à aimer, dans le moment présent et selon ce que Dieu me donne de comprendre dans la Prière. Mon chemin suit la pensée originale de Lao Tseu. " Ne soyez pas un solitaire qui conteste, dénonce, bouscule, provoque et se détruit lui-même ".

L'utilité du vase construit par le potier est sa capacité à être vide. Vous vous complaisez dans vos connaissances ? Alors, vous êtes pleins de vous-mêmes ! La technique du Wu Wei est l'art d'agir sans intention. Le non-agir n'est pas la " non action ", mais la capacité à comprendre l'intention de l'adversaire en annulant ses propres intentions. Dégagée de la finalité des actes et de leur signification, la Vie devient légère, comme une danse. Le Tao ne s'enseigne donc pas. Il se comprend dans le réel de nos vies.

Ainsi, les courants théologiques orientaux basés sur les phénomènes cycliques de la vie s'inscrivent bien dans la trajectoire " alpha oméga " qui est initié par le créateur, en ligne droite, dont l'origine de la lignée abrahamique est rejointe par la lignée davidique et dont est issu Jésus-Christ, agissant comme grand prêtre pour rétablir la stature de l'homme nouveau.

Enfin, pour les dirigeants de communauté, le Seigneur, par la bouche de l'apôtre Paul, donne ce conseil pour tous les temps : " Ne vous laissez pas égarer par des doctrines diverses et étrangères ". En ce qui concerne le sacerdoce du Christ qui concerne la nouvelle alliance, il s'agit évidemment de l'alliance promise par Jérémie 31[38] , 31, 34.
Mais le prophète ne liait aucun rite à sa conclusion. Il est bien précisé que le rituel de Moïse est renouvelé si le peuple manque à sa parole. L'acte sacerdotal du Christ est efficacement salutaire pour tous les hommes. L'abolition du péché est mentionné dans : Hébreux 9, 24-28. Et le sens du péché dans sa rémission devant le sacrifice de Jésus-Christ ne concerne pas le péché d'ignorance ou d'inadvertance mentionnée dans Hébreux 9,7. Jésus retient bien que son sacrifice est efficace pour les cœurs mauvais (Marc 7,23 et Mathieu 15,20). Seuls comptent les péchés volontaires qui sortent des " cœurs mauvais ". 

Il manquait à mon chemin une détermination et une rigueur de vie simple, dans la maîtrise de soi, de mes émotions. Il me manquait la légèreté décrite plus haut. Plusieurs religieux m'ont appris que le Cœur est premier et la charité est un fruit excellent de la bonté. La grâce est absolument indispensable pour atteindre l'humilité qui féconde les esprits vers la lumière. Les maîtres en arts martiaux ne peuvent pas tromper car les actes corporels qu'ils font sont conformes à leurs esprits. Ne blessez pas un petit en trompant justement les balances de la Loi. Si vous êtes injustes, soyez le avec des balances justes.

Ainsi, en Aïkido (Aï - amour - KÎ - Force - Do - La voie), le fait de tomber fait partie du chemin et apprendre à tomber est la conséquence de l'être et de l'apprentissage de la vie. Les humiliations vécues et reçues étaient bien des grâces et non des condamnations.

Les amitiés reçues étaient bien des dons divins que je garde profondément dans mon cœur. 

Je reste vaillant à mes attaches spirituelles. Saint Thomas d'Aquin est un exemple pour tous et son travail lui a valu la couronne de vie.

Amicalement

Michel

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